Dimanche 14 juin 2020, solennité du Saint-Sacrement, corps et sang du Christ.

« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »
Cette chair que le Christ livre sur la croix ce n’est pas simplement son corps physique mais c’est sa vie, toute sa vie .
Ainsi cette Parole du Christ signifie « c’est ma vie donnée pour que le monde ait la vie ». 
Or, ne l’oublions pas, la volonté de Dieu c’est que le monde ait la Vie, une vie qu’Il nous donne par amour, une vie éternelle en pleine communion d’amour avec Lui, Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, plénitude de l’Amour.
Cette vie, Jésus la donne dans le plus grand sacrifice, celui de sa mort sur la croix.
Par sa résurrection, victoire de la Vie sur la mort, Jésus nous ouvre les portes de la Vie éternelle, il nous donne sa vie pour que nous aussi soyons porteurs de cette vie, pour que nous soyons en pleine communion avec lui dans l’amour infini de Dieu.
« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. »
En cette simple Parole, Jésus nous dit tout. Lui qui est la Parole de Dieu, vivant auprès de lui de toute éternité, s’est incarné, est venu dans notre monde pour nous donner cette Vie et nous ouvrir les portes du Royaume éternel par son sacrifice, mort et résurrection.
Jésus vient nourrir notre vie en se donnant à nous comme une nourriture véritable, source de la vie éternelle.
Certes, il existe pour notre corps d’autres nourritures plus temporelles.
Mais elles sont illusion toutes les nourritures terrestres, aliments et biens matériels, toutes les richesses dont nous croyons pouvoir nous rassasier, souvent en excès.
Si elles sont parfois utiles pour donner des forces elles ne remplacent pas le corps et le sang du Christ, véritable nourriture pour notre être, pour notre âme.
Cette nourriture c’est le pain eucharistié, corps du Christ réellement présent dans les espèces ; cette nourriture c’est sa Parole, essence même de son être divin, le Verbe de Dieu.
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. »
Mystère de l’eucharistie, paradoxe de la foi : ces paroles sont incompréhensibles humainement et pourtant elles nous font vivre. Il nous faut suivre le chemin que le Christ nous montre, vivre de sa Parole, la laisser nous nourrir et nous pénétrer, sans prétendre tout expliquer, vivre de son corps et de son sang, véritables présence de Jésus-Christ en nous.
Il y a là déjà une grande leçon : ce n’est pas dans les livres qu’il faut chercher l’explication de l’Eucharistie ; mieux vaut y participer, laisser le Christ nous entraîner dans son mystère de vie. Il vient en nous comme de toute éternité il est dans le Père et le Père est en Lui.
L’Eucharistie est un sacrifice de louange et d’action de grâces comme l’étaient les sacrifices de l’Ancienne Alliance, parce qu’elle est un sacrifice de réconciliation dans le sang de l’Agneau offert et immolé, un sacrifice de l’Alliance entre Dieu et son Peuple.
Communier au corps du Christ n’est pas un geste banal, pouvant paraître routinier, c’est une grâce qui nous est offerte et qu’il nous faut savoir accueillir, l’offrande de celui qui se donne totalement à nous pour notre salut et nous racheter de toutes nos fautes.
En ce temps de confinement où beaucoup ont participé à l’eucharistie à travers les ondes, vivant une période de « jeûne eucharistique », la communion de désir a ravivé et renouvelé le désir de communion, permettant ainsi de retrouver le sens profond de cette union intime avec le Christ Vivant.
Puissions nous désirer recevoir ce sacrement et vivre du Christ présent en nous, qui nous envoie porter son amour à tous nos frères.
En cette fête du Saint Sacrement prions avec cette oraison de St Thomas d’Aquin.
« Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous as laissé le mémorial de ta passion ; donne-nous de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton corps et de ton sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de ta rédemption.  » St Thomas d’Aquin

Père Jean-Hugues Malraison

Ste Trinité 2020

Qu’est-ce qui fait le poids d’une vie ? Qu’est-ce qui fait qu’une personne nous marque plutôt qu’une autre ? Entrons dans nos souvenirs d’êtres chers qui nous ont quittés : que retenons-nous des personnes parties pour l’au delà ? Leur intelligence ? Leur argent ? Leur apparence physique ? Ou bien leur faculté à nous avoir écouté, nous avoir rassuré, nous avoir montré ce qui est fondamental ; leur souci de se tourner vers les autres aussi ; en un mot… le poids de leur humanité…
Cela nous pose la définition de l’homme et nous ramène à ce court passage d’évangile où le Christ nous dit de croire pour éviter le jugement. Toute la question que nous avons tendance à esquiver de nos jours c’est d’ailleurs : est-ce que l’on peut être sauvés sans croire ; est-ce que l’on peut être sauvés sans être baptisés… Il y a 50 ans, la réponse était clairement non. Aujourd’hui, face à la masse de ceux qui sont en dehors, on peine à répondre, ou alors on se fabrique nous même une réponse humaniste ; mais notre pensée et nos avis n’ont jamais créé la vérité. La seule Vérité vient des écritures donc de Dieu. Et c’est là que les lectures de Saint Paul sont très éclairantes : « Frères, cherchez la perfection (ce qui veut dire que l’on peut tendre vers, mais jamais y parvenir), soyez d’accord entre vous (voilà un beau programme au travail, dans les associations et même dans les familles…) et soyez dans la joie. Alors Dieu sera avec vous. »
Alors me direz-vous, il y en a tant qui rentrent dans ce profil sans avoir la foi ; et c’est vrai. Mais pour autant, ceux qui ont la foi doivent coller davantage à ce profil. Un peu comme les jeunes à l’école ou au lycée : même si il y en a toujours quelques uns dans les coins de classe qui ne font rien, globalement l’école obligatoire à élevé le niveau d’instruction. De même nous qui sommes là dans cette église, nous devrions être en tête pour la paix entre les hommes, pour la justice, la bonté, la charité…
Oui, mais malgré les exhortations de Paul, nous restons pécheurs, et nous pouvons être prisonniers de ce péché. Croire en Dieu et croire en son humanité pécheresse ne fait qu’un. Il nous faut comprendre le mal et le malheur, et je dirais même que pour le comprendre, il faut croire en Dieu. Sinon, ce mal ronge nos sociétés, et les amènent à se retourner sur elles mêmes sans réponse et sans consolation. On le voit dans la masse informe de ceux pour qui Dieu ne dit rien, et qui passent des plaisirs artificiels les plus fous, aux malheurs les plus impossibles à vivre…
Oui, l’humanité est pécheresse, mais ce péché ne s’entend que par le pardon infini du Père, racheté par ce Fils, venu pour nous sauver. Et la compréhension ne peut se faire que par l’Esprit Saint. Voilà cette Sainte Trinité que nous fêtons aujourd’hui, et qu’il n’est pas utile de vouloir enfermer dans des études sans fin pour savoir comment un Dieu peut être dans trois personnes à la fois. Un Dieu Père et créateur de toutes choses, envoie son Fils unique pour nous visiter et nous racheter, et son Esprit pour vivre de sa Parole et de son pardon depuis le jour de la Pentecôte. Cet Esprit immatériel, qui nous fait entrer en communion déjà avec ce Dieu immatériel, et tous ceux qui nous ont précédés, et qui sont dans le monde immatériel de Dieu.
Que la grâce de Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit Saint soit toujours avec nous tous !

Thierry Merle Diacre

HOMÉLIE DE PENTECÔTE 2020 Année A 31.05.2020

Chavouot , fête des semaines,  cinquante jours  après  Pessah(la Pâque), les Hébreux célèbrent la naissance d’Israël  et le don de la Torah sur le mont Sinaï.
Pentecôte,  don de l’Esprit Saint, cinquante jours après Pâques, les chrétiens célèbrent la naissance de l’Église.
Fidèle à sa promesse, Dieu prend  soin  de son Peuple  de siècle en siècle.
On pourrait penser, puisque Dieu est avec nous, et que l’église est en marche, qu’il suffit de nous laisser porter sur la vague tranquille que nous assurerait notre statut privilégié de chrétiens.
Mais ce serait oublier que fils et filles de Dieu, nous avons été mis sur terre pour assurer une mission : bâtir le Royaume de Dieu.
Évidemment,  nous savons  que seuls nous ne pouvons  rien faire.  C’est pour cela que Dieu  nous donne son Esprit Saint, et nous fait ainsi,  coresponsables de la création qui se poursuit à travers les âges.  « Je ne vous laisserai pas seul , dit Jésus, je vous enverrai  un défenseur qui vous fera connaître mon nom »
Je rapproche cette promesse d’une phrase qui m’a toujours frappée. C’est celle de la première préface de l’ Ascension : «  il (Jésus)  ne s’évade pas de notre condition humaine, mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps, l’espérance de le rejoindre un jour ».
(Nous devrions apporter une attention plus grande aux préfaces de la messe qui sont toutes d’une grande qualité tant sur le fond que sur la forme)
« Je ne vous laisserai pas seul »
« Je vous enverrai mon Esprit Saint »
« Je vous enverrai mon défenseur, l’Esprit de vérité. »
Mais qu’est-ce donc que cet Esprit Saint ?
La première lecture, les actes des apôtres nous en donne une définition imagée avec cette manifestation, du vent violent, des langues de feu posées sur chacun d’eux, du  parler en langues qui permet à tous ces étrangers de s’entendre dans leur langue maternelle.
Ces manifestations temporelles, souvent décrites dans la Bible, sont le signe de l’intervention divine. Certes, à  travers les siècles, les théologiens ont tenté d’expliquer avec des mots ce que pouvait être cet Esprit Saint envoyé par Jésus :
Le Paraclet, le défenseur, le consolateur, le souffle etc… Mais, nos mots sont bien fades pour dire Dieu.
( Peut-on dire Dieu ?)
Troisième personne de la Trinité, l’Esprit Saint nous fait entrer dans la connaissance de Dieu Père par son fils Jésus.
Relisons le Crédo de Nicée. «  je crois en l’ Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie. Il procède du Père et du Fils. Il reçoit même adoration et même gloire. »
Pour faire court, on peut dire que l’Esprit Saint est l’amour que Dieu a mis dans nos cœurs. C’est cet amour qui nous permet de lui parler en fils et de l’appeler  Abba-Père.
Je ne résiste pas, à la tentation de vous livrer une sorte de parabole qui n’est pas d’une grande portée théologique, mais qui permet de comprendre comment Dieu est à la fois Père, fils et Esprit, tout en étant Unique et indivisible.
Je la tiens d’une catéchiste qui s’en servait pour expliquer la Sainte Trinité aux enfants
.« Vous voyez, disait-elle, ces lignes électriques dans la campagne, les poteaux peuvent figurer Dieu le Père, les fils électriques seraient Jésus ,le fils, et l’énergie transportée, le Saint Esprit.
Ces trois éléments sont indispensables et forment un tout : l’électricité, qu’on peut mettre en parallèle avec le Dieu Unique en trois personnes qu’est Notre DIEU.
Je conçois la légèreté de ce propos qui est bien pâle à coté de la métaphore employée par Saint Paul dans la deuxième lecture où nous voyons l’apôtre comparer les membres qui forment notre corps, à l’humanité qui forme le Corps du Christ dans l’Esprit.
Je n’oublie pas  la Mission que nous recevons du Christ à la Pentecôte par le don de l’Esprit. Au  baptême nous avons été incorporés au Corps du Christ participant à sa dignité de prêtre, prophète et Roi. Au baptême nous avons été incorporés au Corps du Christ participant à sa dignité de prêtre, prophète et Roi.
« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez les péchés, ils seront remis. A qui vous les maintiendrez, ils seront maintenus »
Évidemment,  nous n’avons pas le pouvoir de pardonner les péchés sacramentellement, mais nous avons le pouvoir et le devoir de pardonner les offenses à ceux qui nous ont offensés. Notre mission : témoigner de la tendresse du Père en toutes occasions, et dire son amour, sa miséricorde , et la joie du Salut.
« C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on reconnaitra que vous êtes mes disciples. »
Bernard  Buisson diacre





MÉDITATION DU SEPTIÈME DIMANCHE DE PÂQUES « A »

Actes des Apôtres (1, 12-14) ; Psaume 26 (27) ; 1 Pierre (4, 13-16) ; Jean 17, 1b-11a)
THÈME :
La Prière : hier, aujourd’hui et demain

C’est le Septième Dimanche de Pâques. Dimanche de la Grande Prière de l’Église. A la charnière de la solennité de L’Ascension (espérance de la promesse) et celle de la Pentecôte (accomplissement de la promesse), ce dimanche nous introduit dans une attente de la venue de l’Esprit Saint, qui renouvelle la face de la terre et embrase de son feu les cœurs humains. Une attente qui se vit dans la Prière, avec la Prière et par la Prière.
La Prière : hier, aujourd’hui et demain nous ACCOMPAGNE. Elle fait grandir en nous l’amour en la vie, la foi en Dieu et l’espérance en son éternité. Elle alimente et nourrit notre humanité des bienfaits du ciel.
Comme Jésus qui, « en ce temps-là, leva les yeux au ciel et dit », levons, tous, les yeux au ciel et prions ! Disons avec foi : Dieu, Père des miséricordes, de votre Sainte et Divine Majesté, daignez accorder à notre monde effrayé par la pandémie, la grâce de votre proximité ; à notre quotidien obscurci par l’agitation de vues, la gloire de votre lumière ; à notre cœur effrayé par la peur, le secours de votre salut.
« Père, l’heure est venue ». L’heure de sortir de notre sommeil et de nous redresser grâce à la prière. L’heure de mobiliser nos ressources intérieures pour nous réinventer et nous renouveler. L’heure de nous ajuster à la mesure de ta Parole. L’heure de nous mettre au diapason et au rythme de ta très sainte volonté. L’heure d’élargir les dimensions de notre cœur à ton cœur. L’heure d’ouvrir les portes parfois fermées de notre esprit pour te contempler, toi le Vrai Dieu. L’heure d’être, être simplement et humblement.
La Prière : hier, aujourd’hui et demain nous INVITE. Elle nous engage et nous incite à avancer vers la juste et pleine réalisation de la vie, avec toute la complexité de son contenu. Elle nous appelle à bien articuler les combats de nos existences avec tout le poids de ses contours et la charge de ses exigences. Elle nous aide à mieux conjuguer le présent de notre histoire, éclairé par le passé, dans l’horizon d’un futur possible.
Jésus prie. Et nous alors ? Laissons les deux premières lectures nous enseigner.
La Première Lecture nous transporte au premier étage d’une maison de Jérusalem, connu sous le vocable de Cénacle, pour prier. Et si chacun faisait de son espace de vie, un lieu de prière ; un foyer ardent de silence et de recueillement pour rejoindre le Seigneur. N’est-ce-pas là une incitation à faire de nos habitations des Cénacles de prières ? Un appel à habiter la situation de nos vies comme le Cénacle de nos jours ?
La Deuxième Lecture nous entraîne dans les chemins de la grâce de l’Esprit Saint qui repose sur nous. Grâce qui nous rend participants de la béatitude : « Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous ». De quelle manière ma vie peut-elle dire cette béatitude ? Comment, par la prière, témoigner sinon rendre compte du travail de l’Esprit sur nous ? Que notre présence au monde soit signe de Dieu et signature indélébile de sa grâce.
La Prière : hier, aujourd’hui et demain nous CONDUIT. Elle nous porte à « admirer le Seigneur dans sa beauté et nous attacher à son temple » et à écouter le Seigneur nous murmurer dans le cœur : « chercher ma face » (Ps 26).
Dans le sillage du Christ, encore prions ! Bénissons Dieu en manifestant son Nom ! Glorifions le en accomplissant son amour et sa vérité !
Toi mon frère, toi ma sœur,
Avec Marie et les Apôtres réunis au Cénacle que la Prière : hier, aujourd’hui et demain nous mette dans l’éternelle ferveur de dire : Maranata ! Viens Esprit Saint, Viens !
                                                                                                                                   Père Davy 

Jeudi 21 mai 2020, solennité de l’Ascension du Seigneur.

Le jeudi de l’Ascension pour beaucoup c’est un jour férié, un long pont de 4 jours, prémices des vacances d’été.
Une ascension c’est aussi grimper vers un sommet en haute montagne, ce qui nécessite effort, courage, endurance et prudence, et qui procure un grand bonheur une fois arrivé au sommet.
L’ascension c’est aussi s’élever dans la vie, monter dans l’échelle sociale, synonyme de réussite.

L’Ascension du Christ est toute autre.
Le Christ Jésus, est monté dans la gloire de sa résurrection retrouver auprès de son Père la place qu’il avait de toute éternité.
L’Ascension c’est monter aux cieux c’est à dire rejoindre Dieu et vivre en son amour.

L’Ascension marque la fin des apparitions du Ressuscité : Jésus « est monté au ciel »,
Désormais, les disciples devront croire sans voir le Christ physiquement, ou plutôt « croire parce qu’ils ont vu ».
Ils ont vu le tombeau vide au matin de Pâques, ils ont vu Jésus ressuscité leur apparaître bien vivant pendant 40 jours.
C’est d’ailleurs sur leur témoignage crédible que nous fondons notre propre foi.

L’Ascension c’est croire en cette promesse faite par le Christ juste avant de s’élever dans les cieux : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Mt 28, 20b
Jésus présent dans sa Parole, Jésus présent dans l’Eucharistie, Jésus présent dans les sacrements, signes de sa présence et de son action.
L’Ascension est un envoi en mission adressé aux Apôtres et à nous tous à travers les siècles. « Allez ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit ; apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé.» Mt 28, 19-20
L’Ascension signifie que le temps des témoins commence, le temps de l’Église. Sans l’Ascension, pas d’Église. Jésus va rendre ses disciples et apôtres définitivement capables de porter témoignage.
L’Ascension est source de liberté : loin de s’imposer aux hommes, Jésus les laisse libres de croire, et donc d’aimer véritablement. Jésus ne cesse d’inviter les hommes à le suivre : dans la foi.
L’Ascension du Christ précède notre propre ascension, lorsque les temps seront accomplis et que Jésus reviendra dans sa gloire, de la même manière qu’il est monté aux cieux pour nous emmener vers le Père. Ce dernier avènement du Christ nous l’attendons et l’exprimons dans la prière de l’anamnèse après la consécration.
L’Ascension c’est Jésus qui ne nous laisse pas seuls et envoi l’Esprit-Saint pour nous donner la force d’accomplir cette mission. « vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ». Ac 1, 8

Bonne fête de l’Ascension à tous.
Père Jean-Hugues Malraison

VIe DIMANCHE DE PÂQUES / ANNÉE A

Lecture 1 : Actes 8,5-8.14-17 Pierre et Jean imposent les mains aux Samaritains, qui reçoivent l’Esprit Saint. A chaque imposition des mains, nous recevons la lumière de Dieu en nos vies.
Lecture 2 : 1 Pierre 3,15-18 Nous qui sommes disciples du Christ, nous devons, avec douceur et respect, « rendre raison de l’espérance qui est en nous », en comptant sur l’aide de l’Esprit Saint que Dieu nous envoie.
Évangile : 14,15-21 Le Christ promet à ses disciples, nous promet de prier pour nous le Père. Celui-ci nous donnera l’Esprit qui continuera en nous l’œuvre de son Fils de nous faire connaître Dieu. Cet Esprit nous assistera dans notre témoignage.

Frères et sœurs, nous sommes à deux semaines de la Pentecôte. Et déjà, les textes liturgiques de ce sixième dimanche de Pâques orientent en quelque sorte notre esprit vers cette fête de la commémoration de l’évènement fondateur de l’Église. Ils nous parlent de la troisième personne de la Sainte Trinité : l’Esprit Saint, amour donné du Père et du Fils, amour sans cesse échangé entre eux.

Luc, dans la première lecture, nous montre l’audace de l’assurance que donnent la croix et la résurrection du Christ, quand Philippe, malgré les persécutions, prêche en Samarie, avant d’y être rejoint par certains des Apôtres, par qui les Samaritains convertis et baptisés reçoivent l’Esprit Saint. En nous émerveillant devant les hauts faits de Dieu, en l’occurrence devant cette Pentecôte des Samaritains, il nous faut le redécouvrir comme notre Père à tous, miséricordieux envers tous, même ceux qui sont méprisés des hommes ; nous sommes invités à nous sentir appelés, comme Philippe, « envoyés pour accomplir des gestes qui guérissent, qui libèrent, qui relèvent et redonnent vie et espérance ». C’est de cette manière que nous rendrons compte de l’espérance qui nous habite – suivant l’exhortation de saint Pierre apôtre dans la deuxième lecture –, en imitant la douceur et la fidélité du Christ. Ainsi que saint Paul l’enseigne à son fils spirituel Timothée et à nous, « Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera » (2 Tm 2,12).  

Dans l’Évangile, Jean montre que Jésus ne se voile pas la face : celui-ci sait très bien que la mission des disciples n’est pas facile. Pour affronter les difficultés qui les attendent, les Apôtres auront besoin de la Puissance du Saint-Esprit. C’est pourquoi le Seigneur leur donne cette recommandation : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité » (Jn 14,15-17a). Quel testament d’amour pour tous les êtres chers ! Par ce testament, Jésus prépare ses Apôtres à continuer son œuvre sur terre sans sa présence physique. En tant que Défenseur, l’Esprit Saint continuera l’œuvre du Christ dans sa fonction de consolateur, défenseur, révélateur au cours de sa vie terrestre ; et comme Esprit de vérité, Il éclairera les disciples et les soutiendra, toujours dans la continuité avec la mission de Jésus qui s’est révélé comme Vérité (cf. Jn 14,6).

Frères et sœurs, les disciples concernés par la promesse du Christ de recevoir un autre Défenseur, c’est nous aujourd’hui. Malheureusement, il arrive des fois que nos multiples problèmes nous fassent oublier que Jésus nous a promis que l’Esprit Saint sera pour toujours avec nous. Je vous propose, pour finir, cette belle exhortation d’un homme de foi : « Face aux turbulences de la vie, notre foi est mise à rude épreuve par le doute ou le découragement. Cependant, savons-nous qu’au fond de nous-mêmes se cache une force inestimable, souvent dormante mais toujours prête à se réveiller ? Encore faut-il la découvrir… Par moment le courant spirituel semble interrompu, mais l’Esprit-Saint est toujours là, dans notre for intérieur, prêt à nous guider […]. Mettons-nous sans tarder en contact avec lui ! Sa Puissance cassera le cercle néfaste qui nous enferme. Sa Paix désamorcera bien des situations difficiles. Contre vent et marée, puisons notre force en Dieu pour remonter la pente. Laissons l’Esprit-Saint agir en nous. Son œuvre est comparable à la sève qui monte sereinement mais tout en puissance dans l’arbre. Dans notre être intime ! Et quelquefois, la vieille écorce craquera sous la poussée de la Vie qui fait du neuf. Le Saint-Esprit changera le cours de notre existence ». 
Père Basile

Dimanche 10 mai 2020 5è dimanche de Pâques

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.

Cette phrase du Christ s’adresse à ses disciples qui ressentent une grande angoisse face à l’actualité. ils se savent cernés par l’hostilité générale, Jésus leur annonce sa mort prochaine. Ils comprennent que les jours à venir seront redoutables et craignent pour le Christ et leur propre sécurité. Ils n’ont pas encore compris que derrière la croix se profile Pâques et la résurrection, pourtant annoncés par Jésus, que la mort et le péché seront
ainsi définitivement vaincus.

Parce que leur foi n’est pas encore assez forte, ils peinent à reconnaître l’identité de Jésus, Dieu fait homme, Verbe incarné, vrai Dieu et vrai Homme. Pourtant Jésus ne cesse de se révéler par sa Parole et par ses actes, en décalage par rapport aux attentes des disciples et de tout le peuple. Non, il n’est pas ce souverain glorieux, ce chef de guerre qui vient avec son armée triompher de l’envahisseur et délivrer Israël.

Comment peuvent-ils comprendre que le salut est tout autre ? Il faudra la Pentecôte et la venue de l’Esprit-Saint pour que tout s’éclaire enfin en eux.
Angoisse de mort liée à la pandémie, fortement distillée par les médias, incertitude sur l’avenir, dans un monde sécularisé qui oublie et abandonne son Dieu et met à mal la création, notre situation actuelle trouve quelques similitudes avec celle des apôtres, toutes proportions gardées.

En réponse à l’angoisse des disciples, Jésus s’emploie à déplacer leur espérance inassouvie. L’espérance ne peut s’appuyer que sur la foi, c’est pourquoi Jésus revient plusieurs fois sur le mot « croire ».
« vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » Ce Dieu qui se révèle à nous par Jésus est un Dieu trinitaire où le Père, le Fils, Verbe incarné et l’Esprit-Saint ne cessent de nous aimer de cet Amour infini et miséricordieux qui nous dépasse infiniment.

« Le Père et Moi nous sommes Un. »
C’est dans la foi que nous le reconnaissons, dans toutes les grâces que Dieu nous envoie à chaque instant de notre vie, en toutes circonstances, heureuses ou plus difficiles. Jésus est en union totale avec le Père, dans l’Esprit, il s’est incarné dans notre monde pour nous montrer par sa Parole et ses actes le chemin pour aller vers le Père .
« Approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu » nous dit St Pierre dans sa 1ère lettre
Jésus est le bon chemin marchons avec lui même lentement et avec difficultés plutôt que de courir sur un mauvais chemin qui ne conduit pas à la Vie.
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par
moi. »
Pour cela nous devons rester fidèles à trois exigences de la vie apostolique : la prière, le service de la parole et le service des frères, comme le faisaient déjà les premières communautés.
La prière pour être toujours en relation avec le Père et le Fils dans l’Esprit, pour écouter quelle est la volonté du Père et lui demander la force de l’accomplir.
La Parole lue, méditée et mise en pratique dans le quotidien de notre vie, sachons prendre le temps, surtout en cette période de confinement, d’ouvrir notre bible pour nous laisser pénétrer, porter par cette Parole de Vie.

Le service des frères, que le Christ est venu nous montrer en l’accomplissant jusqu’au don total ; être toujours au service des autres, en particulier le plus démuni, pauvre, précaire, isolé, celui vers qui nous tourner et en qui découvrir Jésus qui nous fait signe.

Que notre cœur ne soit pas bouleversé. Dans ce monde durement atteint par l’épidémie du covid 19 les signes d’espérance sont grands, oui Dieu agit au cœur de notre humanité, il est présent et nous soutient dans nos épreuves. Sachons témoigner de son amour à tous ceux que nous rencontrons et rendre grâce.

« Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes. »
« Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes. »

Jean-Hugues Malraison




4ème dimanche de Pâques A

« Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent… »
« Je connais mes brebis, et je les appelle par leur nom… » Que c’est magnifique frères et sœurs, que de se savoir reconnus, tels que nous sommes, sans jugement à priori, par celui qui est plus grand que nous. Lui, le berger, notre berger, celui de tous les hommes, nous demande de le suivre dans ce chemin qui nous mène au cœur de l’humanité souffrante, pécheresse, mais humanité quand même et avant tout.

Le psaume 22, très souvent choisi pour les funérailles -et ce n’est certainement pas un hasard-, nous invite à croire aujourd’hui au Dieu berger de toute humanité. Il y a là une expérience personnelle à espérer, puis à tenter.

« Le Seigneur me conduit par le juste chemin », non pas que je ne puisse pas choisir, car la liberté de choix est constitutive de l’homme. « Je ne manque de rien », non pas que je sois préservé de toute faim, de toute souffrance ou de tout échec, car vous le savez et vous le voyez, les chrétiens souffrent et peinent autant que les autres. Non, ce psaume 22 va bien au delà ; il est le cri de la foi, qui doit monter vers Dieu quand l’épreuve est traversée, et plus encore et surtout, quand nous sommes au creux de la nuit. Oui, il faut savoir dire que malgré tout, Dieu pourvoit. Toujours.

Présence, consolation, force reçue, sens qui s’éclaire, c’est ainsi que le Seigneur nous conduit. Il « prépare la table pour moi », c’est bien le sens de nos eucharisties qui nous manquent tant aujourd’hui… Dieu nous invite, nous devance… Et si, en ces temps si contraignants, notre vraie difficulté était celle de se laisser accueillir par Dieu, pauvrement, simplement, sans avoir rien d’autre à lui offrir que notre cœur, et en mettant toute notre présence en lui ? Croire au Dieu Berger, c’est croire que, malgré les événements, nous ne sommes pas solitaires, mais en relation de cœur et d’esprit, en cordée, parfois porteurs, parfois portés… Faire partie du troupeau c’est consentir humblement d’être en marche avec tous.

C’est ainsi que l’image de la Porte permet de donner sens au « pasteur » / « passeur ». La Porte est, là encore, une image très biblique : porte étroite ; porte sainte ; porte verrouillée… et Jésus qui sera pourtant là. Oui, il nous faut passer par Jésus, c’est-à-dire le rencontrer dans la Parole de Dieu, dans les sacrements, dans nos frères, chez les pauvres, chez les petits, aujourd’hui chez tous les angoissés, et emprunter son chemin. Où que tu ailles, il me faut aller ; où que, tu passes, il me faut passer ; où que tu sois, il me faudra m’y rendre…
La brebis écoute la voix de son berger. Il s’agit là aussi d’une expérience spirituelle : reconnaître la voix du Seigneur, même au milieu de tant de voix parasites qui rendent la voix de l’évangile si peu audible dans notre société massivement plus désorientée que jamais. Le Christ n’a rien écrit, mais il a tout dit, avec la force incroyable des mots : « Marie !» dira-t-il,  « Rabouni !» répondra-t–elle en se retournant, car sa voix appelle une réponse qui ne peut être qu’adhésion. Voilà l’expérience fondatrice du christianisme qui doit se renouveler par chacun de nous :

« Toi, paroissien de Notre Dame ou de Saint Pierre !» nous dit-il ;  « Maître ! » devrions nous lui répondre…

HOMÉLIE DU 3ème dimanche de Pâques A 26.04.2020 Luc 24,13-35 Emmaüs

Chers amis, chers paroissiens confinés,
Par ces temps troublés de pandémie, où nous sommes ébranlés dans nos certitudes, dans notre confiance en la vie, peut être même dans notre foi, alors que nous vivons dans l’angoisse, la peur même,  plutôt que faire un long  commentaire de cet évangile des disciples d’Emmaüs que nous connaissons tous, je souhaite que nous allions à l’essentiel.
Ce texte s’y prête merveilleusement.  Il résume toute l’histoire du Salut :
Dieu présent dans l’homme, même quand l’homme se trompe, pèche, tombe, se relève.  Dieu présent même quand l’homme ne le sait pas, sur ses chemins de douleurs et de peine. Dieu patient, Dieu tendresse,  Dieu miséricorde, et finalement Dieu qui sauve par le don de le la chair et du sang de son fils  Jésus-Christ sur la croix.
Je terminais l’homélie de le veillée pascale par ces mots de Jésus : «  Je suis avec vous  tous les jours jusqu’à la fin des temps ». En voici la confirmation :

Qui sommes – nous ?
Nous sommes des pèlerins chargés de témoigner de la tendresse de Dieu aux Hommes de cette terre, des pèlerins  en marche vers un but qui échappe à notre raison, un but en espérance que seule porte la foi.
Des pèlerins avec le poids de nos limites. Des pèlerins tristes, déçus parce que la vie ne leur a pas donnés tout ce qu’ils attendaient. Des pèlerins saisis par le doute.

C’est alors que jésus  nous rejoint
Car c’est toujours Dieu qui vient au-devant des hommes, qu’Il les rejoint sur leur route.
C’est toujours Dieu qui, le premier,  propose son amour.
Et, comme les disciples d’ Emmaüs, nous ne le reconnaissons pas. Parce que nos yeux sont empêchés de le voir. Parce que nous sommes préoccupés  par nos soucis, notre travail, notre santé, nos loisirs. Parce que nous ne savons pas voir les signes que Dieu nous envoie, anesthésiés que nous sommes par la routine,  aveuglés par notre prétention à  pouvoir  nous sauver tout-seul. Mais, si comme les disciples,  nous acceptons que Jésus fasse route avec nous. Si nous lui faisons une place dans notre vie. Si nous accueillons sa parole, si nous le rencontrons à la table de l’Eucharistie, alors nous percevrons, dans les autres, les signes de sa présence.

Même confinés, sans sortir de chez nous, nous voyons Dieu à l’œuvre dans le dévouement des médecins, des infirmières,  de tous ceux qui se dévouent pour  guérir, panser, apaiser, accompagner, nourrir les malades. Dieu est à l’œuvre  aussi avec tous ceux qu’on n’attendait pas là , et qui ne s’en réclament pas  d’ailleurs,  tous ceux et celles qui donnent  du temps de l’argent de leurs talents pour venir en aide à ceux qui sont affectés par la pandémie dans leur famille, dans leur travail, ou dans leur activité quotidienne.
Lorsque les cœurs des disciples deviennent brûlants sous le feu de la Parole, alors que le jour baisse,  et après que le pain ait été partagé, Jésus est dévoilé. « Reste avec nous Seigneur »
Les disciples ayant reconnu Jésus voudraient bien le retenir.
Sauvés, nous aussi par le pain de  son corps, nous voudrions bien le retenir  pour nous-seuls, alors qu’il nous envoie en mission. Dieu a besoin des Hommes.
Mais Jésus se dérobe,  il se fait discret  il disparait.
Dieu ne nous impose pas sa présence, il nous veut libres, il nous laisse le choix entre le bien et le mal  il nous laisse le choix d’accueillir ou de refuser son amour.
Dans l’épilogue même de cette  scène, nous sommes concernés.
Car, malgré la fatigue de la  journée les disciples se sont empressés de revenir à Jérusalem  pour annoncer aux onze apôtres, « C’est vrai le seigneur est ressuscité »
Voila notre mission confirmée : Nous devons, nous aussi, porter au monde cette nouvelle qui selon
Bergson « est l’axe autour duquel a basculé le sort du monde »

Bernard Buisson, diacre  24.04.2020


DIMANCHE DE LA DIVINE MISERICORDE (Jn 20, 19-31 )

Comme chaque année, nous fêtons, en ce dimanche, la miséricorde divine. Cette fête a été instituée par  le Pape Jean Paul II à l’occasion de la béatification de Sœur Faustine le 30 avril 2000. Depuis ce jour, on célèbre la miséricorde divine, le deuxième  dimanche de Pâques.  » Notre Seigneur, écrit sœur Faustine, ne veut pas châtier l’humanité, il désire la guérir en la serrant contre son cœur miséricordieux. »

Dieu est miséricordieux. Telle est une vérité primordiale que l’Eglise nous invite à méditer en ce dimanche de la miséricorde.  Ainsi, j’aimerais vous partager comment, à quel point, Jésus ressuscité exprime cette miséricorde de Dieu.  Comme point de repère, je vous invite à revenir sur les évènements avant et après Pâques, entre Jésus et ses disciples.  Souvenons-nous, quand Jésus annonçait sa passion et sa mort, ses disciples ne le croyaient pas.  Certains d’entre eux osaient faire serment que, bon gré, mal gré, ils seraient toujours avec Lui.  Or, quand le moment difficile est arrivé, l’arrestation de Jésus et  sa mise en croix, ils l’ont abandonné sauf quelques-unes. Pierre, qui lui a promis de rester avec lui, même au prix de sa vie, l’a renié trois fois.  Judas l’a trahi.   Ses disciples n’ont même pas pris soin de son corps, de son ensevelissement. Heureusement, Nicodème et Josèphe d’Arimathie étaient là. Ce comportement des apôtres est vraiment répréhensible.  Face à cela, normalement, Jésus ressuscité aurait pu leur faire de  vifs reproches. Pourtant, il ne l’a pas fait. Au contraire, quand les disciples s’étaient enfermés par peur des Juifs, Jésus lui -même vint au milieu d’eux. Il les saluait en leur donnant la paix, l’Esprit Saint et le pouvoir de pardonner les péchés.  Voilà le grand cadeau qui n’a pas de prix, le premier don que Jésus a fait aux apôtres après Pâques.  Par le cœur pauvre, « miséricordieux »   de Jésus, nous découvrons ce qu’est la miséricorde de Dieu, qui outrepasse notre intelligence, et ne correspond pas à la logique humaine.   C’est difficile à comprendre.  Elle requiert la foi.   C’est difficile,  mais c’est à cela que Jésus nous appelle à faire l’expérience avec nos enfants, nos parents,  nos frères et avec nos sœurs en Christ et en humanité.  Il nous dit  « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. »

Vraiment, cette miséricorde de Dieu nous échappe, car même à  la dernière minute avant la mort, celui et celle qui demande pardon à Dieu, obtiendra sa miséricorde.  Souvenons-nous : l’un des bandits crucifié avec Jésus, le bon larron,  disait : » Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara: « Amen, je te le dis: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Luc 23, 42-43). C’est lui le premier Sauvé, le premier Saint au paradis.  

Nous voyons aussi,  dans cette page d’Évangile de Saint Jean,  l’attitude de l’apôtre Thomas. Peut-être ça nous étonne, et nous choque, qu’en étant apôtre, il croit difficilement la résurrection du Christ. La parole de  ses amis ne lui suffit pas, il lui faut une preuve, perceptible et tangible : « si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, je n’y croirai pas ».  Et voilà, il trouve ce qu’il veut. Jésus lui est apparu en chair et en os.

Chers amis, l’apôtre Thomas représente ici  celui qui doute et qui a du mal à croire en Dieu. Il n’a pas tort. Ce n’est pas évident de croire au témoignage des autres. Surtout de nos jours, la parole n’est pas suffisante, il faut des preuves, et des actes. Mais quelle preuve pourrions-nous donner s’il s’agit de la foi en la résurrection du Christ? Notre foi repose sur le témoignage et la foi des apôtres.  » Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Heureux sommes-nous, même si c’est difficile de le dire en ce temps de trouble et de la pandémie, car nous croyons sans avoir vu. La joie du Ressuscité ne nous laisse pas mourir, à petit feu, de  peur, d’isolement et du souci de l’avenir. Elle nous invite à l’Espérance.

            En ce dimanche, nous contemplons la miséricorde, l’amour infini que Jésus  porte à chacun et à chacune. Il a signé cette preuve d’amour par sa mort, par son sang versé pour notre salut

Avant sa résurrection, Jésus  est descendu aux enfers, et aussi au fond de notre cœur pour  nous extirper de la mort éternelle (la mort de l’âme), du doute et  de la tiédeur dans la foi. «  Cesse d’être incrédule, sois croyant » dit-il  à Thomas. Oui,  croyons tout simplement, et disons « Jésus, j’ai confiance en Toi » (sœur Faustine) et   Jésus s’occupe du reste. 

Dans cet Évangile,  le souci de l’apôtre Jean ne consiste pas à fournir une preuve sur la résurrection du Christ. Il veut simplement transmettre la foi,  et mettre par écrit tout ce qu’il a vu de Jésus, pour que nous aussi, nous croyions que Jésus est le Fils de Dieu et que par notre foi, nous ayons la vie en son nom.  Frères et sœurs, Dieu nous manifeste toujours sa miséricorde même si souvent nous doutons, même si nous croyons difficilement à ce qu’il nous a fait. En ce dimanche de la miséricorde, tournons-nous vers le Ressuscité. En ce moment de confinement,  notre porte ne  semble-t-elle pas aussi  verrouillée, cette fois ce n’est pas par crainte des personnes, mais du virus ? Mais si effrayant qu’il soit, il n’empêche pas Jésus ressuscité de nous rejoindre là où nous sommes, si bien qu’en confinement, il nous dit  » La paix soit avec vous. »  La paix qu’Il nous donne n’a pas de prix.  Puisse cette Paix du Christ Ressuscité  augmenter  en nous la foi, l’espérance et la charité.   Ainsi soit-il.  

Joachin  Ms