ARTICLE PROFESSION DE FOI

Le Dimanche 01 août 2021 à l’occasion de la messe 6 jeunes de nos deux Paroisses (Saint Pierre en Pays Roussillonnais et Notre Dame des Sources en Sanne Dolon) : Diana, Hugo, Manon, Maryline, Joao et Miguel ont prononcé solennellement leur profession de foi à Anjou.

Tous revêtu d’une aube blanche avec pour ceinture un cordon blanc symbolisant le vêtement blanc qu’ils portaient le jour de leur Baptême, ils ont renouvelé eux-mêmes les engagements baptismaux par la renonciation au mal et la profession de foi. En signe de leur promesse de fidélité au Seigneur, ils ont porté les crucifix et exécuté le chant d’engagement : Je crois en toi mon Dieu.

Diana, Hugo, Manon, Maryline, Joao et Miguel entourés du Père Davy et de Gilles se sont préparés toute cette année avec attention et pertinence à vivre cet engagement devant Dieu et devant l’Église rassemblée, en toute conscience et pureté d’esprit. “Que le Seigneur les bénisse et les garde !
Qu’il fasse briller sur eux son visage, qu’il les prenne en grâce !


19ème dimanche B

« Je suis le pain vivant descendu du ciel »
Frères et sœurs, ces quelques mots disent tout de notre foi, de la réalité de Dieu, de la réalité du Christ, et de notre vie de chrétiens. Permettez-moi de faire une analyse littérale de cette phrase : « Je suis le pain vivant descendu du ciel »
« Je suis ». Ce je suis, c’est Celui qui est de toute éternité, hors du temps. Il était hier, il est aujourd’hui, il sera demain, pour les siècles des siècles. Parfois quand on tente d’expliquer la création, on nous objecte, mais Dieu, qui l’a créé ? C’est une question qui n’a pas de sens, car l’acte créatif implique une notion de temporalité. Or Dieu n’est pas dans le temps, qui n’est qu’une donnée de sa création.
« Le pain vivant » Le centre de la phrase. Que pouvait faire Dieu pour les hommes, sinon de lui donner la nourriture. Mais le pain vivant n’est pas que le pain. Toute la création -ou la nature si certains préfèrent- se développe harmonieusement en se régulant sur la quantité disponible de nourriture. C’est valable depuis que la vie est sur terre. Mais nous, nous avons besoin d’une autre nourriture. Cette autre nourriture qui est celle des questions fondamentales que ce pose tout homme, croyant ou athée : pourquoi suis-je ici ? Quelle est ma mission ? Que va-t-il rester de moi ? Qu’est-ce qu’il y a après la mort ?… Pour nous les hommes, dernière espèce arrivée sur cette terre, cet ensemble de questions se pose parce que nous avons en nous une force qui nous la pose… et parce qu’il y a en parallèle, une réponse qui nous est donnée. Et c’est le Christ qui vient nous donner ce pain vivant qui nourrit nos questions, et qui nous donnera l’eau vive pour étancher notre soif de savoir.
« Descendu du ciel » Ce ciel qui n’est pas un lieu identifié, mais qui est le monde de Dieu.« Dieu personne ne l’a vu » nous dit le Christ dans l’évangile, « Sauf celui qui vient de Lui ». Il est venu pour nous les hommes, et pour notre salut, comme nous allons le dire dans le Credo.
« Je suis le pain vivant descendu du ciel » doit nous permettre de mettre Dieu dans nos vies réelles, celles de nos questions fondamentales, et pas celles de nos seules questions d’ici bas. Sinon, on nous répondra, comme le physicien Laplace a répondu à Napoléon qui ne voyait pas Dieu dans sa théorie analytique des probabilités : « Mais Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse »…
Dieu vient assouvir nos vrais soifs et nos vrais faims, quand enfin, nous ne faisons pas semblant dans nos vies, et quand nous n’esquivons pas les vraies questions. Il vient nous donner courage quand nous sommes épuisés, comme à Élie dans la première lecture, et Dieu sait si aujourd’hui, dans ce XXIème angoissant, nous le sommes. Il vient nous dire comme dans le psaume, d’entendre le pauvre qui crie. Il vient lui-même, dans un morceau de pain, tout simple, celui que nous allons prendre tout à l’heure, en simples mendiants de la Vie Éternelle.
Merveilleux Seigneur est ton évangile, qui nous dit tout, qui nous donne tout, et qui nous comble de tout !
Thierry Merle Diacre

MÉDITATION DU 01 AOUT 2021. 18E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE « B »

Exode 16, 2-15 ; Psaume 77 ; Éphésiens 4, 17-24 ; Jean 6, 24-35


« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? ». A toi qui comme la foule cherche, désir et te demande au fort de ton actualité, que faut-il faire pour traduire la volonté du Seigneur dans ma vie ? Croire en celui qu’il a envoyé, le pain de la vie, le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte.
Avec Jésus, nous sommes embarqués pour une aventure spirituelle qui n’ignore et ne fait abstraction de la réalité profonde du vécu. Pour toi et pour ton salut, il t’appelle à articuler la foi dans le quotidien. Dans le sens de faire entendre et voir Dieu au travers de tes engagements, de tes passions, de tes centres d’attentions et de tes occupations ordinaires. Dieu est Dieu quand il prend le visage de nos labeurs et besoins, le rythme de nos quêtes et exploits, la gestion de nos ambitions et aspirations, la gouvernance de nos rêves et espoirs.
Rendre audible et visible Dieu au cœur de nos vies et le faire exister en nous. En se laissant « renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée », c’est-à-dire être guidé intérieurement par un esprit renouvelé en adoptant le comportement« de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la sainteté et la justice conformes à la vérité ». Une véritable mise à jour de l’Évangile au quotidien. Le signe même de l’éternité qui entre dans le temps.
« Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? ». A toi qui aujourd’hui ne cesse de t’interroger sur comment rayonner la gloire de Dieu dans la plus simple expression de ton humanité, Jésus te répond : viens vers moi et crois en moi. Laisse ton âme vibrer aux accents du salut que Dieu te révèle par sa Parole faite chair dans l’Esprit Saint. Ne fais pas « comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée ». Mais plutôt accorde-toi à la vérité qui est en Jésus.
Toi mon frère, toi ma sœur, le Seigneur pour tes faims et tes soifs, renouvelle la grâce accomplie au désert : « Mann hou ? » (Ce qui veut dire : Qu’est-ce que c’est ?) « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger. » Il te donne, chaque jour, la grâce de son soutien toujours offert et de son accompagnement toujours fidèle. Sans fin, il commande aux nuées là-haut, il ouvre les écluses du ciel : pour te nourrir et te combler. Tel un berger, il te conduit. Il te fait entrer dans son domaine sacré. C’est-à-dire te place sous sa sainte et divine protection. Du ciel, il met sa main sur toi pour vivre en paix et en santé. Père Davy B. B.

Homélie 17è Di TO B


Élisée est le successeur du prophète Élie, il est son fils spirituel, il a des
pouvoirs semblables à ceux du grand prophète.
Comme les prophètes il annonce la Parole de Dieu il est l’intermédiaire entre
Dieu et le peuple. Pour attester de cette mission qui lui est confiée il lui est
donné de pouvoir faire quelques signes et miracles au nom du Seigneur.
Ainsi sitôt après avoir été désigné et oint par Élie pour lui succéder, il ouvrit
les eaux du Jourdain en frappant le sol avec son manteau et traversa à pied sec
(2 R 2,14) comme Élie lui-même venait de le faire devant lui (2 R 2,8). Ce qui
n’est pas sans rappeler la traversée de la mer Rouge avec Moïse pour libérer le
peuple Hébreux de l’esclavage en Égypte.
Élisée accomplit aussi de nombreuses guérisons dont celle du général Syrien
Naaman qui était lépreux. (2 R 5)
Dans le récit entendu en 1ère lecture, Élisée va pouvoir nourrir une foule en
multipliant la nourriture.
Élisée agit dans un contexte de pauvreté et de famine, tel que le royaume
d’Israël en a connu plusieurs fois. Grâce à quelques pains prélevés sur la
maigre récolte apportés par un homme, Élisée va pouvoir nourrir une centaine
de personnes.
Élisée a eu confiance en la Parole de Dieu qu’il avait entendue dans sa
prière : « car ainsi parle le SEIGNEUR : On mangera, et il en restera. »
Il sait que le Seigneur n’abandonne jamais son peuple.
Sans doute avait il aussi en mémoire le psaume 144 que nous avons entendu :
« Le SEIGNEUR est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui
l’invoquent en vérité ».
Il accomplit ainsi pleinement sa mission de prophète en nourrissant le peuple
par la Parole de Dieu qu’il transmet et par le pain multiplié par le Seigneur.
Par ce geste il préfigure et annonce celui que le Christ viendra transcender.
Ainsi les Hébreux peuvent se laisser guider par ce prophète et croire en
l’Amour inépuisable de ce Dieu qui vient toujours au secours de son peuple et
marche avec lui.
2
Quelques siècles plus tard Jésus se trouve dans une situation similaire. Lui qui
est Dieu, le Fils du Père, le messie attendu par Israël, est venu par sa Parole et
par ses actes, annoncer le Royaume de Dieu. Il a longuement enseigné et
nourrit la foule tout au long de la journée par sa Parole, lui qui est le Verbe de
Dieu.
Pour attester de son identité et se faire reconnaître du peuple, et en particulier
des apôtres, il aura besoin lui aussi de signes, guérisons et miracles.
Ainsi le miracle de la multiplication des pains, de la foule nourrie en
abondance, que l’on retrouve dans chacun des évangiles, et même deux fois
chez St Jean. C’est dire son importance et sa signification, Jésus vient nourrir
en abondance les foules de la nourriture essentielle à la vie, sa Parole et le pain,
ce pain qu’il prendra le Jeudi Saint pour le consacrer en son corps, nourriture
pour notre âme.
Jésus se donne totalement à nous par sa Parole de Vie et par son corps, pain de
la Vie éternelle.
Dans ces deux récits de la multiplication des pains entendus aujourd’hui, nous
retrouvons quatre éléments, présents dans tout miracle et guérison :
– un besoin, une demande, souvent exprimés par le peuple : la guérison face
à la maladie, le handicap, la mort, ou encore ici la faim
– un geste libre : ici, quelqu’un a pris du pain sur sa récolte, en temps de
famine, justement ; là les apôtres remarquent un enfant qui a quelques pains et
deux poissons, sans doute sa propre nourriture pour la journée, ailleurs un
aveugle qui crie sa détresse, un paralytique amené par ses proches…
– le recours à celui qui est considéré comme l’envoyé de Dieu :
ici Elisée, les pains lui sont offerts, parce qu’il est reconnu comme l’homme
de Dieu,
là Jésus, celui à qui l’on s’adresse pour guérir, pour être sauvé d’une situation
périlleuse, pour ramener à la vie…
– la foi dans l’intervention du Seigneur : contre l’avis de son serviteur,
Elisée maintient sa décision. La sollicitude de Dieu lui a donné raison, Elisée a
foi en l’amour et la puissance de Dieu.
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Jésus sait que son Père est toujours avec Lui, et qu’il lui accorde toujours la
force d’accomplir sa volonté. « Moi je suis dans le Père et le Père est en
moi. »
Nous qui sommes prophètes par le baptême, conformés au Christ prêtre,
prophète et roi, avons nous foi dans le Seigneur ? Croyons nous que Dieu
répond toujours à notre prière, à celle que nous allons lui adresser dans
quelque minutes ?
Croyons nous en la force de cette prière quelque soit notre situation et
particulièrement face à cette épidémie ?
Oui, Dieu dans son Amour infini et miséricordieux entend chacun de nous, il
vient à tout instant nous éclairer, nous guider, nous sauver. Sachons le
reconnaître avec foi et marcher avec lui.
Il nous donne sa Parole que nous venons d’entendre, pour nous guider dans le
quotidien de notre vie dans l’amour de Dieu et de nos frères ; il nous donne
son corps, force et nourriture pour la Vie éternelle.
Sachons les demander dans la prière.
Oui, « Le Seigneur est proche de ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité. »Ps 144
Père Jean-Hugues Malraison

HOMÉLIE DU 16èME DIMANCHE ORDINAIRE B 18 juillet 2021

Ces derniers dimanches, la liturgie nous entraîne à la suite des prophètes.Le temps venu de nous poser la question :QUI SONT CES PROPHÈTES QUI ONT MARQUE SI FORT LE PEUPLE JUIF ? Au temps des rois, après David et Salomon, les douze tribus se divisent. Au nord le Royaume d’Israël composé de 10 tribus dont le roi est Jéroboam. Au sud le Royaume de Juda composé des tribus de Juda et de Benjamin ayant pour roi Roboam.
Dominés par l’Égypte et l’Assyrie, l’élite de leur population est déportée à Babylone au 8ème et au 6ème siècle avant Jésus-Christ. C’est la période de l’Exil si douloureuse pour les juifs.
C’est dans cette période trouble que va naître le prophétisme, ce mouvement qui va influencer jusqu’à la culture occidentale, par son humanisme.
Les prophètes ne sont pas des devins. Ce sont des hommes qui interprètent le présent, des hommes des temps de crise, lucides et justes, d’ âpres défenseurs des droits de Dieu et des droits de la personne humaine.
Ils sont à la fois, le soutien des populations en exil et les pourfendeurs de la débauche des puissants en les exhortant à revenir à Dieu et à la Loi.
Les prophètes sont avant tout des « porte-parole » de Dieu. Ils préfigurent ce qu’est l’humanité de Dieu que Jésus manifestera concrètement.
Je vous dis cela aujourd’hui parce que je trouve une certaine similitude entre la période des prophètes et celle que nous vivons actuellement, toute proportion gardée, bien sur.
Certes, actuellement, les lois sociales protègent du dénuement, les progrès de la médecine font que guérissent des maladies réputées incurables, les lois civiques garantissent une justice pour tous, les gouvernants sont contraints par des mesures qui limitent les excès de pouvoir ; Mais le mal est ailleurs.
L’argent est la valeur suprême, tout s’achète, toutes les opinions se valent, la sur-médiatisation crée une désinformation invalidante, les réseaux sociaux diffusent instantanément, sans contrôle des contre-vérités, des insultes voire des calomnies, etc.
Et il y a pire encore. La dissolution des mœurs, le mépris de la dignité de l’homme, la négligence de la nature, le rejet de Dieu, ouvrent sur une perspective de vie encore plus dramatique qu’il y a trois mille ans.
Heureusement, et vous l’aurez remarqué, tous les prophètes, après avoir dénoncé les abus, prononcé des oracles contre les puissants, achèvent leur message sur une note d’espérance.
Amos annonce le redressement et la prospérité d’Israël; Osée, l’amour sans limite de Dieu 
Isaïe, la venue du sauveur, le Messie de Dieu. Ezékiel promet le retour des déportés.
Jérémie, prophétise : «  Je susciterai pour David un germe juste. Il règnera en vrai roi. Il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. Juda sera sauvé. Israël habitera en sécurité On l’appellera : Le Seigneur est notre justice.
Où sont les prophètes aujourd’hui, qui nous éviteront le cahot et annonceront le salut espéré ?
Ils sont là, et pas seulement dans la chrétienté. Ils sont là, partout dans le monde, croyants et non-croyants, au nom de l’humanité, de l’amour avec ou sans transcendance.
Ils sont là, mais leur parole se fracasse contre l’hédonisme, l’activisme, le souci de l’image, le confort, le « moi possessif ». Leur parole n’est pas entendue parce que Dieu a été bouté hors de nos vies, parce que prévaut l’idée que la créature peut se passer du Créateur.
Alors ? Alors, il nous reste notre foi, et notre espérance.
Il nous reste notre prophète, et plus qu’un prophète : Dieu lui-même en Jésus-Christ, le sauveur.
Saint Marc nous dit dans l’Évangile de ce jour : « Jésus se prit de compassion pour une foule qui arrivait de toutes parts et partait sans même prendre le temps de manger,  car ils étaient comme des brebis sans berger. »
Le voilà, le berger qui prend soin de l’humanité toute entière ; le seul, parce qu’il est Dieu, à pouvoir rassembler, guider, sauver. !
Saint Marc nous dit encore : «  alors il se mit à les enseigner longuement »
.La parole de Dieu, voilà ce qui manque à notre monde saturé, d’informations orientées, haineuses, d’images violentes ou mercantiles. Pourtant elle est bien là cette Parole de vie, à notre portée, disponible, brûlante et vraie. Comment peut-on s’en passer après l’avoir goutée ?.
Comment peut-on se passer des Évangiles, des Béatitudes, du Notre Père, du Bénédictus, des lettres de Saint Paul, de la lettre aux Romains, et aujourd’hui même de ce qu’il nous dit dans la deuxième lecture : « Dieu nous a prédestinés à être pour lui, des fils adoptifs par Jésus-Christ; Par le Christ nous avons, les uns et les autres, accès au Père, dans un seul esprit. » (Ephésiens 2)
Mais, pour la goûter cette Parole, il faut l’entendre. Et pour l’entendre il faut qu’elle ait été dite.
C’est là que commence notre mission de prophète. Puisque par le baptême nous sommes « prêtre, prophète et roi »« Si l’Église ne donne pas la Parole de Dieu, qui la donnera ? » dit le Père Bruckberger
Nous sommes l’Église !
Alors donnons cette Parole du Dieu Amour.
Donnons le témoignage de la tendresse de Dieu.
C’est le moyen, modeste certes, mais efficace, de faire grandir le Royaume de Dieu.
B.Buisson, diacre

MÉDITATION DU 15E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE. ANNÉE « B »

Amos (7, 12-15). Psaume 84 (85). Éphésiens (1, 3-4). Marc (6, 7-13)

Dieu est Amour. Hier comme aujourd’hui et pour l’éternité, par Amour, Il nous appelle : « Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël. ». Par son Fils, Il renouvelle son appel : « Jésus appela les Douze… ». Dans l’Esprit Saint, Il nous fait la grâce de vivre aux horizons de son appel, mystère de son cœur de Père : « Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel dans le Christ. Il nous a choisis…prédestinés…nous dévoile le mystère de sa volonté…il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire… »
Devant ce grand Amour (si profond, si éternel et si riche) que Dieu déverse sur nous, comme un torrent, comment je me laisse toucher, saisir et séduire ? De quelle manière, je témoigne de l’actualité de l’appel de Dieu ? Dans quelle posture je me mets pour accueillir ce que Dieu me dit aujourd’hui ? Suis-je assez humble de cœur et assez simple d’esprit pour écouter, (l’art par excellence d’aimer), ce que Dieu dit à notre monde ? « J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles… ». Accueillons, en ce jour, la paix de Dieu. Il nous veut en paix, nous tient en paix et nous donne la paix.
Dans la complexité des situations réelles et les conflits d’intérêts et de prestiges, comme le prophète Amos, écoute ! Que te dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit c’est faire rayonner la vérité qui trouve sa splendeur dans le pouvoir de l’amour et non l’amour du pouvoir.
Dans les circonstances de grande incertitude où le doute nous envahit et laisse place au découragement, comme l’apôtre Paul, écoute ! Que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit c’est bénir son Nom très Saint, source de salut.
Dans les temps actuels où vivre selon l’Évangile du Christ relèverait d’une folie, comme Jésus qui obéit à son Père, Notre Père, écoute ! Que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit c’est que tu laisses sa gloire t’habiter. Pour témoigner et accomplir les œuvres de miséricorde (proclamer, célébrer, servir, soulager, consoler, guérir, accompagner, etc…) Afin qu’en toi « Amour et vérité se rencontrent. Justice et paix s’embrassent. » Père Davy B. B.

14ème ordinaire B

L’évangile de ce dimanche vient faire écho, chers frères et sœurs, avec celui entendu dimanche dernier.
Dimanche dernier, dans une foule anonyme, le Christ est touché par une femme qui veut être guérie. Il ne sait pas qui est cette femme ; il ne la connait pas, mais elle sera guérie, par ce qu’elle veut croire en lui. Aujourd’hui, le Christ est chez lui, chez les siens qu’il connait bien, qu’il fréquente tous les jours ; mais là, il ne peut pas faire de miracles. Et il le dit.
Quelle est la portée de cette affirmation qui nous dit que l’on n’est pas prophète en son pays ? En nous mettant dans les pas du Christ, on voit vite où nous en sommes, nous autres pratiquants : nous cherchons la sécurité d’un troupeau égaré et étriqué, en manque de pasteurs, en manque de certitudes surtout. Mais cela ne fait pas beaucoup progresser la foi… Or la foi se déploie chez nos frères, au contact de ceux qui cherchent, de ceux qui attendent un signe. Ils sont au dehors comme la femme de dimanche dernier. Y allons-nous ?
Jésus donne à entendre qu’il se définit lui-même comme prophète. Même si nous savons bien qu’il est beaucoup plus que cela…
Par notre baptême nous sommes, chacun de nous, devenus prophètes (prêtres et rois). Ces trois dons de l’Esprit saint qui doivent être vivifiés, fécondés même par notre baptême : la force qui est de s’occuper du faible, la piété qui est la culture de notre transcendance cachée et qui nous ouvre la voie du prophète, et le respect de Dieu qui nous amène à la pratique, au prêtre.
Concernant le prophète, dont le Christ nous demande d’être, il se vit dans ces trois dimensions qui sont la dénonciation des injustices, l’encouragement de ceux qui sont fatigués et découragés, et l’annonce de la bonne nouvelle.
C’est sur ce triptyque que l’on reconnait le chrétien, c’est sur ce triptyque que les premiers chrétiens ont pu christianiser un Empire romain dont les contours sociétaux ne manquaient pas d’analogie avec le monde d’aujourd’hui : une société ayant délaissé ses anciens repères, brutale face à la vie, intéressée par l’appât du gain, et très rétive vis-à-vis des autres, et en particulier de l’étranger qui pouvait profiter de son niveau de vie, et une jeunesse qui n’était plus éduquée que par la rue. C’est dans ce milieu là que s’est développé le christianisme. Pas dans les campagnes tranquilles…
Annoncer la bonne nouvelle c’est avoir un témoignage authentique et sûr. Il y a de quoi faire aujourd’hui, pour dénoncer ce qui rabaisse tant d’hommes sur le chemin de la vie, où l’injustice et la précarité est partout. Il y a de quoi faire pour relever ceux qui peinent, par une parole, par un regard ou un coup de main. Il y a grand à faire, pour témoigner que la présence de Dieu dans notre vie, change notre regard sur les autres et sur le sens de la marche de ce monde.
Est-ce que quand je prends une décision même petite, je demande à Dieu d’y voir clair ? S’il y a tant de gens qui doutent, qui ne voient pas l’importance de Dieu ni de la foi, c’est peut-être parce que nous ne sommes pas assez prophètes pour ces temps troublés. Autrement dit, nous ne témoignons peut-être pas assez que Dieu agit dans notre quotidien. Et qu’il nous transforme au moins un petit peu. Personnellement, je trouve pourtant qu’il n’y a rien de plus concret que la foi !
Être prophète c’est oser accepter nos propres fragilités et entendre Dieu nous dire cette parole : ta fragilité, ta faiblesse, ne m’empêchent pas de t’aimer et de faire de toi mon disciple. C’est la lettre de St Paul entendue en 2ème lecture : « Ma grâce te suffit. » Être prophète ce n’est pas être le plus fort mais c’est reconnaitre que « lorsque je suis faible c’est alors que je suis fort ». C’est là qu’agit le don de l’Esprit Saint qui se nomme force. C’est par là et pas par ailleurs qu’une société où il fait bon vivre pourra se déployer.
Ne nous dérobons pas à notre devoir de chrétiens !
Thierry Merle Diacre

13è dimanche du temps ordinaire, année B

La vie est au centre des lectures de ce jour, la vie terrestre temporelle, et la vie éternelle. Le passage du livre de la Sagesse en première lecture fait un rappel sur la création. Dieu a créé le monde et tout ce qu’il renferme par amour, à chaque étape Dieu a vu que tout cequ’il a créé est bon, du côté de l a Vie et de l’Amour. A l’origine la mort ne règne pas sur la terre. Le mal, le péché et leur conséquence la mort sont de l’ordre de l’incréé, ils sont le résultat de la désobéissance du malin et de la tentation qu’il a induite dans le monde.
L’homme a été créé par Dieu à son image, c’est à dire reflet de son Amour infini. « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. » Gn1, 27 La conséquence du péché déforme cette image et fait que la vie de l’homme sur terre devient limitée, la mort vient y mettre fin. Mais la mort sur terre n’est pas la fin de tout puisque Dieu
rachète l’homme. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous ouvre les portes de la Vie éternelle. C’est là l’espérance de notre foi.
Dans le passage de l’évangile de Marc entendu aujourd’hui, où deux récits s’imbriquent, Jésus va redonner la plénitude de la vie à une femme et à une jeune fille et montrer ainsi qui il est, le Messie, le Fils de Dieu qui règne sur la création. C’est par la foi qu’elles seront guéries, la foi de la femme, la foi du père pour l’enfant. Tout est possible à celui qui croit.
Pour participer à cette puissance de guérison, de résurrection, donnée par Jésus, il y a une seule condition, croire : « Ma fille, ta foi t’a sauvée » avoir foi en Jésus maître de la vie. Quelle est la foi de ceux qui entourent Jésus dans les différents événements du récit ?
La foi commençante de la foule
Jésus arrive en terre païenne, sur l’autre rive, après avoir beaucoup enseigné et fait quelques guérisons et miracles pour attester qui il est, il a même dominé et calmé la mer déchaînée en tempête. La foule se presse pour le voir, l’écouter attendre peut être un signe pour chacun. Il est clair que ces gens vivent une certaine foi, balbutiante et imparfaite ,pour courir ainsi après lui.Jésus est reconnu comme un prophète, un guérisseur, mais pas encore perçu comme le Messie. Il faudra encore du chemin pour convertir les cœurs.
La foi en chemin de la femme
Dans cette foule il y a une femme malade souffrant d’hémorragies, ce qui la rend « impure » et donc marginale. Le sang s’écoulant hors du corps est symbole d’impureté. Ainsi la femme est périodiquement impure, aux yeux des juifs. En effet le sang est principe de vie. Cette vie qui semble fuir cette femme depuis 12 ans. Elle est de ce fait exclue de la synagogue, de la société, elle ne peut approcher ou toucher quelqu’un sans le rendre impur. Et pourtant elle ose se frayer un chemin dans la foule compacte, discrètement, pour approcher Jésus et toucher par derrière la frange de son manteau. Elle a la certitude que ce geste sera salvifique pour elle, que Jésus pourra la guérir. Sa foi est encore teintée de superstition : « Si je le touche, je serai sauvée ». Jésus va la faire grandir dans sa confiance déjà là. Il va chercher qui elle est pour avoir avec elle la rencontre en vérité, en tête à tête qu’il a avec ceux qu’il rencontre. Il la conduit à travers cette rencontre en vérité à une foi plus vraie, plus éclairée qui est une reconnaissance de sa personne. « Ma fille, ta foi t’a sauvée, va en paix et sois guérie de ton mal. »
La foi accomplie de Jaïre
L’attitude de Jaïre est impressionnante. Ce chef de synagogue n’hésite pas à se mettre à genoux et à supplier instamment Jésus alors qu’il pratique la loi juive et lit la Torah. Il en oublie la dignité de la fonction qui est la sienne, et ce devant la foule qui le connaît, au travers de laquelle il s’est frayé un chemin et qui risque de le dénoncer aux grands prêtres.
Pour cette fille qu’il aime, bien sûr, mais avec quelle insistance auprès de Jésus. le père de la petite jeune-fille, ne demandait d’abord qu’une guérison physique. Mais au fond de lui il est persuadé que Jésus peut surtout sauver sa vie en lui apportant la vie éternelle.
Lorsqu’on apprend à Jaïre que son enfant est morte, il va continuer à croire, Jésus l’invite à aller encore plus loin, à franchir le pas de la foi en la
résurrection. C’est jusqu’à cette foi pascale que veut nous conduire le vainqueur de tout mal. « Ne crains pas. Crois seulement », lui dit Jésus.
De l’extérieur, pressé par la foule nombreuse, Jésus va entrer à l’intérieur de la maison, dans l’intimité de la chambre avec seulement les parents de l’enfant et les trois apôtres qui seront ses témoins privilégiés, ici, à la transfiguration et au jardin des Oliviers Pierre, Jacques et Jean,
futurs piliers de l’Église.Jésus prend la main de la jeune fille et la relève, la ramène à la vie montrant ainsi qu’il domine la vie et la mort. Seul Dieu peut agir ainsi. Et pour bien faire comprendre la réalité et le sens de cette résurrection Jésus demande que l’on donne à manger à l’enfant. Elle est bien vivante avec son corps, et en même temps ce repas préfigure le banquet des noces éternelles.
A la fin du texte Marc précise que la jeune fille avait douze ans, l’âge de l’entrée dans la vie ,adulte, l’âge à cette époque de la puberté et des premières règles. 12 ans de vie pour la fille. Douze ans c’est aussi le temps de la maladie de la femme, le temps où la vie s’échappe d’elle. Douze c’est aussi le nombre des tribus d’Israël, 12 représente la plénitude, celle de tout le peuple Hébreux et par la suite de l’humanité entière à travers les siècles.
Ainsi Jésus montre qu’il est venu pour sauver tous les hommes et leur donner la vie qui ne finit pas. A chacun de croire pour vivre.
Notre foi.
Quelle est notre propre foi ? Celle balbutiante et teintée de superstition de la foule ? Celle hésitante, en croissance, de la femme qui n’ose approcher Jésus en face à face ? Celle de Jaïre, plus affirmée malgré les épreuves ?
Nous aussi, nous avons reçu par le baptême la même grâce que cette jeune adolescente, nous le croyons. Nous sommes ainsi passés de la mort à la vie et notre éternité est déjà commencée. Celui qui est « passé de la mort à la vie » par le baptême est introduit par-là à la table de l’eucharistie, de l’intimité avec Jésus sauveur, dans l’attente du banquet éternel. Entendons Jésus nous redire : « Debout ! Lève-toi ! Ressuscite ! »
Vivons notre baptême pour ne pas laisser s’endormir notre foi…
Père Jean-Hugues Malraison

XIIe DIMANCHE T.O / B (Père Basile)

Dimanche dernier, à travers les deux paraboles portant sur le mystère du Royaume de Dieu, la liturgie de la Parole nous invitait à être confiants en Dieu et à nous abandonner entre les mains de la Providence, car même dans nos situations difficiles, Dieu est avec nous. Le douzième dimanche prolonge cet enseignement en nous invitant à garder la foi en Dieu dans les tempêtes de la vie.
C’est ce à quoi le Seigneur appelle Job dans la première lecture, en lui rappelant qu’Il a autorité sur la mer. D’où cette question oratoire qu’il pose à son serviteur : « Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein primordial […] ; quand je lui imposais mes limites, et que je disposai verrou et portes ? » C’est pour dire que Dieu seul fait des merveilles. « Les hommes n’ont pas d’autorité sur les éléments naturels. Ils sont dépendants des circonstances et n’ont pas la possibilité de les modifier ; ils ne peuvent que tenter de résister à la violence de leur environnement ». – L’exemple n’est pas loin : nous l’avons vu lorsque la pandémie sévissait, chaque fois qu’elle atteignait un pic. Malheureusement le danger est encore loin d’être écarté –. Par contre, Dieu, maître et créateur de la nature, a le pouvoir sur toute la création.
« Cet épisode est significatif pour nous aussi. Lorsque nous nous trouvons face à un danger, lorsque nous affrontons une tempête d’un genre quelconque, nous ne pensons pas que Jésus est présent, nous pensons qu’il ne peut ou ne veut pas intervenir. En fait, comme l’ont fait les disciples, nous devons nous tourner vers lui et lui demander avec confiance : ‘‘Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?’’ Nous devons le dire avec foi ». Cette foi est nécessaire pour voir, au-delà des apparences du sommeil de Dieu, la présence du Seigneur qui fait des merveilles dans nos vies. « Si nous n’agissons pas dans la foi, notre situation est alors véritablement désespérée, car ce manque de foi ferme et empêche l’intervention du Seigneur ».
Il y a beaucoup de tempêtes dans la vie. Dans ces tempêtes, il nous arrive souvent de crier à la manière de Pierre et de ses compagnons : « Maître, nous sommes perdus ! » Notre barque, l’Église, nous paraît souvent complètement submergée par des flots en furie et ballottée par des vents contraires. Alors, c’est l’espérance en Christ qui nous fera tenir. Un soupçon de foi qui nous fera savoir que la mort ne peut avoir le dernier mot… (cf. 2e lecture).
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » C’est à nous aujourd’hui que Jésus pose cette question adressée aux apôtres. Il « nous invite à aborder nos épreuves avec confiance. Dans nos tribulations, il serait peut-être temps de nous rappeler que Dieu est dans notre barque, même s’Il semble dormir ! […] Dieu est toujours là, au cœur de notre vie. Il ne se manifeste pas explicitement, mais Il se révèle souvent à nous de mille manières ». Ne soyons donc pas pessimistes. Pensons qu’Il est là, par l’intermédiaire des personnes qui nous épaulent ou dans les événements qui peuvent nous aider à retrouver notre chemin. Il nous suffit d’ouvrir notre cœur, de tendre nos oreilles, pour nous apercevoir qu’Il est juste là à côté de nous.
Tout en comptant sur nous-mêmes, sur nos propres forces, sur nos propres initiatives pour agir – car nous sommes habités par l’Esprit de Celui qui nous a promis d’être avec nous « jusqu’à la fin du monde » –, gardons la foi et ayons confiance en Dieu. Il nous bénira +.