25è Dimanche Temps Ordinaire, année A

25è Dimanche Temps Ordinaire, année A

Cherchez le SEIGNEUR tant qu’il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu’il est proche. Y aurait-il donc des moments où on ne peut le trouver ?
Non. La traduction exacte signifie autant qu’il se laisse trouver, puisqu’il se laisse trouver, c’est-à-dire tout le temps, car Dieu ne cesse de se donner à nous, mais encore faut-il que nous sachions le voir là où il se tient dans le quotidien de notre vie.
Dieu n’est pas dans l’ouragan, la tempête ou le tremblement de terre, il est dans la brise légère.
Il est à nos côtés dans tous nos actes d’amour, quand nous marchons vers la liberté, la vérité, la justice, ce que nous venons de chanter en entrant dans cette eucharistie :


« Dieu qui nous appelles à vivre  Aux combats de la liberté..
Dieu qui nous apprends à vivre  Aux chemins de la vérité…
Fais jaillir en nous l’Esprit. »

Dieu se révèle à nous en nous envoyant son Esprit qui nous permet par ses dons de comprendre la Parole, qui nous permet d’avancer avec discernement et intelligence sur le chemin de la vie, qui nous donne la force d’aimer.
C’est cela l’Amour de Dieu, c’est en cela que Dieu est bon. Il fait grâce à chacun de la totalité de son amour.
Il n’est pas toujours évident de comprendre cette bonté de Dieu dans tous ses dons, sa vérité et sa justice qui transcendent  nos pauvres critères arbitraires.
L’important pour chacun de nous, c’est de reconnaître Dieu comme celui qui nous aime en premier et de nous défaire de nos propres pensées pleines d’égoïsme, de jalousie ou d’ambition. Quand la logique de Dieu est trop différente de la nôtre, la tentation qui nous prend est de contester.
Le peuple Hébreu récrimine contre le Dieu de Moïse, parce qu’il se croit abandonné par Dieu dans le désert ; le fils aîné de la parabole des deux fils est jaloux parce que le père donne le même amour à son frère, ce fils perdu qui a dilapidé tout ses biens ; les ouvriers de la première heure “récriminent” contre le maître de la vigne parce qu’ils s’estiment traités injustement, ils sont enfermés dans l’attitude légaliste des pharisiens, fondée sur la notion de mérite.

Encore un fois, à travers la parabole que nous venons d’entendre, Jésus va nous entraîner dans une autre logique, celle du Père.
« Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. »
Jésus annonce dès le départ qu’il est question du Royaume auquel Dieu ne cesse de nous inviter et bien sûr l’analogie entre Dieu et le maître de la vigne se comprend aisément.
La vigne a une signification profonde dans toute la Bible. Elle est le symbole de l’Alliance entre Dieu et son peuple dans l’Ancien Testament et pour le Christ la vigne est le signe de la nouvelle alliance, le Royaume de Dieu.

« Allez à ma vigne » ne signifie pas tant venez travailler pour le Royaume, cela veut dire : « Entrez dans l’Alliance »,
Venez partager l’Alliance avec moi, entrez dans le Royaume de mon Père, venez vivre de son Amour.
Les ouvriers envoyés à la vigne, c’est nous tous. Car le Christ n’a pas d’autres mains que les nôtres pour transformer le monde, pour bâtir le Royaume de Dieu. Les mains du Christ, le regard du Christ, la tendresse du Christ doivent désormais passer par nos mains, nos yeux et notre cœur. Nourrir ceux qui ont faim, vêtir ceux qui sont nus, soigner, visiter, accueillir, pardonner, en un mot aimer, autant de gestes concrets qui vont signifier pour nous une réponse vraie au maître de la vigne qui nous embauche.
C’est le message que le Christ est venu  annoncer à toute l’humanité, avoir part à l’Amour éternel du Père en entrant dans son Royaume dont il nous ouvre dès maintenant les portes par sa résurrection, victoire sur la mort et le péché.
Le maître de la vigne n’attend pas les ouvriers, il va les chercher. “Il sort” du petit matin jusqu’à la fin de la journée. Il va chercher tout le monde, même ceux qui n’ont pas encore entendu parler de lui.
Nous découvrons le visage de Dieu qui nous cherche inlassablement. Il n’est jamais trop tard pour venir à lui. Il nous appelle, nous embauche et nous envoie à tout moment.
Dans le contrat fait avec chacun de ceux qu’il embauche, à chaque heure de la journée il promet de donner ce qui est juste.
Et ce qu’il donne, ce que Dieu nous donne, ce n’est pas un salaire proportionnel au temps de travail, non, c’est la totalité de son amour, à chacun d’entre nous.
Quelque soit le moment de notre vie où nous le rencontrons, où nous nous convertissons en son Amour avec foi et vérité.
La preuve que cela est possible à tout moment, même à l’extrémité de notre vie se trouve dans la Parole de Jésus sur la croix, s’adressant au bon larron. « Ce soir tu seras avec moi au Paradis »

Il est bien le dernier des derniers ce criminel condamné lui aussi à mourir sur une croix.
Et c’est à l’ultime minute que cet ouvrier de la dernière heure va se convertir sous le regard du Christ en croix. Ce dernier deviendra le premier à entrer avec Jésus dans le paradis. Il reçoit tout de Dieu : partager pour l’éternité son Amour infini.
Dieu est bon, infiniment bon, d’une bonté qui ne fait pas de comptes. Cela veut dire que sa bonté surpasse tout, y compris le fait que nous ne la méritons pas, c’est une grâce donnée gratuitement ; cela veut dire qu’il faut que nous abandonnions une fois pour toutes notre logique de comptables : dans le Royaume des cieux, il n’y a pas de machine à calculer les mérites en les additionnant…
La seule question que Dieu nous posera au soir de notre vie est : Comment as-tu aimé ?
Alors que nous soyons un ouvrier de la première ou de la onzième heure, à nous de savoir entendre cet appel à aimer, la vocation de notre vie de chrétien et de répondre avec force et promptitude en aimant Dieu et nos frères.
Cherchez le SEIGNEUR autant qu’il se laisse trouver. Invoquez-le autant qu’il est proche.

Père Jean Hugues Malraison


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