Le jeudi de l’Ascension pour beaucoup c’est un jour férié, un long pont de 4 jours, prémices des vacances d’été. Une ascension c’est aussi grimper vers un sommet en haute montagne, ce qui nécessite effort, courage, endurance et prudence, et qui procure un grand bonheur une fois arrivé au sommet. L’ascension c’est aussi s’élever dans la vie, monter dans l’échelle sociale, synonyme de réussite.
L’Ascension du Christ est toute autre. Le Christ Jésus, est monté dans la gloire de sa résurrection retrouver auprès de son Père la place qu’il avait de toute éternité. L’Ascension c’est monter aux cieux c’est à dire rejoindre Dieu et vivre en son amour.
L’Ascension marque la fin des apparitions du Ressuscité : Jésus « est monté au ciel », Désormais, les disciples devront croire sans voir le Christ physiquement, ou plutôt « croire parce qu’ils ont vu ». Ils ont vu le tombeau vide au matin de Pâques, ils ont vu Jésus ressuscité leur apparaître bien vivant pendant 40 jours. C’est d’ailleurs sur leur témoignage crédible que nous fondons notre propre foi.
L’Ascension c’est croire en cette promesse faite par le Christ juste avant de s’élever dans les cieux : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Mt 28, 20b Jésus présent dans sa Parole, Jésus présent dans l’Eucharistie, Jésus présent dans les sacrements, signes de sa présence et de son action. L’Ascension est un envoi en mission adressé aux Apôtres et à nous tous à travers les siècles. « Allez ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit ; apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé.» Mt 28, 19-20 L’Ascension signifie que le temps des témoins commence, le temps de l’Église. Sans l’Ascension, pas d’Église. Jésus va rendre ses disciples et apôtres définitivement capables de porter témoignage. L’Ascension est source de liberté : loin de s’imposer aux hommes, Jésus les laisse libres de croire, et donc d’aimer véritablement. Jésus ne cesse d’inviter les hommes à le suivre : dans la foi. L’Ascension du Christ précède notre propre ascension, lorsque les temps seront accomplis et que Jésus reviendra dans sa gloire, de la même manière qu’il est monté aux cieux pour nous emmener vers le Père. Ce dernier avènement du Christ nous l’attendons et l’exprimons dans la prière de l’anamnèse après la consécration. L’Ascension c’est Jésus qui ne nous laisse pas seuls et envoi l’Esprit-Saint pour nous donner la force d’accomplir cette mission. « vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ». Ac 1, 8
Bonne fête de l’Ascension à tous. Père Jean-Hugues Malraison
Lecture 1 : Actes 8,5-8.14-17 Pierre et Jean imposent les mains aux Samaritains, qui reçoivent l’Esprit Saint. A chaque imposition des mains, nous recevons la lumière de Dieu en nos vies. Lecture 2 : 1 Pierre 3,15-18 Nous qui sommes disciples du Christ, nous devons, avec douceur et respect, « rendre raison de l’espérance qui est en nous », en comptant sur l’aide de l’Esprit Saint que Dieu nous envoie. Évangile : 14,15-21 Le Christ promet à ses disciples, nous promet de prier pour nous le Père. Celui-ci nous donnera l’Esprit qui continuera en nous l’œuvre de son Fils de nous faire connaître Dieu. Cet Esprit nous assistera dans notre témoignage.
Frères et sœurs, nous sommes à deux semaines de la Pentecôte. Et déjà, les textes liturgiques de ce sixième dimanche de Pâques orientent en quelque sorte notre esprit vers cette fête de la commémoration de l’évènement fondateur de l’Église. Ils nous parlent de la troisième personne de la Sainte Trinité : l’Esprit Saint, amour donné du Père et du Fils, amour sans cesse échangé entre eux.
Luc, dans la première lecture, nous montre l’audace de l’assurance que donnent la croix et la résurrection du Christ, quand Philippe, malgré les persécutions, prêche en Samarie, avant d’y être rejoint par certains des Apôtres, par qui les Samaritains convertis et baptisés reçoivent l’Esprit Saint. En nous émerveillant devant les hauts faits de Dieu, en l’occurrence devant cette Pentecôte des Samaritains, il nous faut le redécouvrir comme notre Père à tous, miséricordieux envers tous, même ceux qui sont méprisés des hommes ; nous sommes invités à nous sentir appelés, comme Philippe, « envoyés pour accomplir des gestes qui guérissent, qui libèrent, qui relèvent et redonnent vie et espérance ». C’est de cette manière que nous rendrons compte de l’espérance qui nous habite – suivant l’exhortation de saint Pierre apôtre dans la deuxième lecture –, en imitant la douceur et la fidélité du Christ. Ainsi que saint Paul l’enseigne à son fils spirituel Timothée et à nous, « Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera » (2 Tm 2,12).
Dans l’Évangile, Jean montre que Jésus ne se voile pas la face : celui-ci sait très bien que la mission des disciples n’est pas facile. Pour affronter les difficultés qui les attendent, les Apôtres auront besoin de la Puissance du Saint-Esprit. C’est pourquoi le Seigneur leur donne cette recommandation : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité » (Jn 14,15-17a). Quel testament d’amour pour tous les êtres chers ! Par ce testament, Jésus prépare ses Apôtres à continuer son œuvre sur terre sans sa présence physique. En tant que Défenseur, l’Esprit Saint continuera l’œuvre du Christ dans sa fonction de consolateur, défenseur, révélateur au cours de sa vie terrestre ; et comme Esprit de vérité, Il éclairera les disciples et les soutiendra, toujours dans la continuité avec la mission de Jésus qui s’est révélé comme Vérité (cf. Jn 14,6).
Frères et sœurs, les disciples concernés par la promesse du Christ de recevoir un autre Défenseur, c’est nous aujourd’hui. Malheureusement, il arrive des fois que nos multiples problèmes nous fassent oublier que Jésus nous a promis que l’Esprit Saint sera pour toujours avec nous. Je vous propose, pour finir, cette belle exhortation d’un homme de foi : « Face aux turbulences de la vie, notre foi est mise à rude épreuve par le doute ou le découragement. Cependant, savons-nous qu’au fond de nous-mêmes se cache une force inestimable, souvent dormante mais toujours prête à se réveiller ? Encore faut-il la découvrir… Par moment le courant spirituel semble interrompu, mais l’Esprit-Saint est toujours là, dans notre for intérieur, prêt à nous guider […]. Mettons-nous sans tarder en contact avec lui ! Sa Puissance cassera le cercle néfaste qui nous enferme. Sa Paix désamorcera bien des situations difficiles. Contre vent et marée, puisons notre force en Dieu pour remonter la pente. Laissons l’Esprit-Saint agir en nous. Son œuvre est comparable à la sève qui monte sereinement mais tout en puissance dans l’arbre. Dans notre être intime ! Et quelquefois, la vieille écorce craquera sous la poussée de la Vie qui fait du neuf. Le Saint-Esprit changera le cours de notre existence ». Père Basile
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Cette phrase du Christ s’adresse à ses disciples qui ressentent une grande angoisse face à l’actualité. ils se savent cernés par l’hostilité générale, Jésus leur annonce sa mort prochaine. Ils comprennent que les jours à venir seront redoutables et craignent pour le Christ et leur propre sécurité. Ils n’ont pas encore compris que derrière la croix se profile Pâques et la résurrection, pourtant annoncés par Jésus, que la mort et le péché seront ainsi définitivement vaincus.
Parce que leur foi n’est pas encore assez forte, ils peinent à reconnaître l’identité de Jésus, Dieu fait homme, Verbe incarné, vrai Dieu et vrai Homme. Pourtant Jésus ne cesse de se révéler par sa Parole et par ses actes, en décalage par rapport aux attentes des disciples et de tout le peuple. Non, il n’est pas ce souverain glorieux, ce chef de guerre qui vient avec son armée triompher de l’envahisseur et délivrer Israël.
Comment peuvent-ils comprendre que le salut est tout autre ? Il faudra la Pentecôte et la venue de l’Esprit-Saint pour que tout s’éclaire enfin en eux. Angoisse de mort liée à la pandémie, fortement distillée par les médias, incertitude sur l’avenir, dans un monde sécularisé qui oublie et abandonne son Dieu et met à mal la création, notre situation actuelle trouve quelques similitudes avec celle des apôtres, toutes proportions gardées.
En réponse à l’angoisse des disciples, Jésus s’emploie à déplacer leur espérance inassouvie. L’espérance ne peut s’appuyer que sur la foi, c’est pourquoi Jésus revient plusieurs fois sur le mot « croire ». « vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » Ce Dieu qui se révèle à nous par Jésus est un Dieu trinitaire où le Père, le Fils, Verbe incarné et l’Esprit-Saint ne cessent de nous aimer de cet Amour infini et miséricordieux qui nous dépasse infiniment.
« Le Père et Moi nous sommes Un. » C’est dans la foi que nous le reconnaissons, dans toutes les grâces que Dieu nous envoie à chaque instant de notre vie, en toutes circonstances, heureuses ou plus difficiles. Jésus est en union totale avec le Père, dans l’Esprit, il s’est incarné dans notre monde pour nous montrer par sa Parole et ses actes le chemin pour aller vers le Père . « Approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu » nous dit St Pierre dans sa 1ère lettre Jésus est le bon chemin marchons avec lui même lentement et avec difficultés plutôt que de courir sur un mauvais chemin qui ne conduit pas à la Vie. « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Pour cela nous devons rester fidèles à trois exigences de la vie apostolique : la prière, le service de la parole et le service des frères, comme le faisaient déjà les premières communautés. La prière pour être toujours en relation avec le Père et le Fils dans l’Esprit, pour écouter quelle est la volonté du Père et lui demander la force de l’accomplir. La Parole lue, méditée et mise en pratique dans le quotidien de notre vie, sachons prendre le temps, surtout en cette période de confinement, d’ouvrir notre bible pour nous laisser pénétrer, porter par cette Parole de Vie.
Le service des frères, que le Christ est venu nous montrer en l’accomplissant jusqu’au don total ; être toujours au service des autres, en particulier le plus démuni, pauvre, précaire, isolé, celui vers qui nous tourner et en qui découvrir Jésus qui nous fait signe.
Que notre cœur ne soit pas bouleversé. Dans ce monde durement atteint par l’épidémie du covid 19 les signes d’espérance sont grands, oui Dieu agit au cœur de notre humanité, il est présent et nous soutient dans nos épreuves. Sachons témoigner de son amour à tous ceux que nous rencontrons et rendre grâce.
« Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes. » « Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes. »
« Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent… » « Je connais mes brebis, et je les appelle par leur nom… » Que c’est magnifique frères et sœurs, que de se savoir reconnus, tels que nous sommes, sans jugement à priori, par celui qui est plus grand que nous. Lui, le berger, notre berger, celui de tous les hommes, nous demande de le suivre dans ce chemin qui nous mène au cœur de l’humanité souffrante, pécheresse, mais humanité quand même et avant tout.
Le psaume 22, très souvent choisi pour les funérailles -et ce n’est certainement pas un hasard-, nous invite à croire aujourd’hui au Dieu berger de toute humanité. Il y a là une expérience personnelle à espérer, puis à tenter.
« Le Seigneur me conduit par le juste
chemin », non pas que je ne puisse pas choisir, car la liberté de choix
est constitutive de l’homme. « Je ne manque de rien », non pas que je
sois préservé de toute faim, de toute souffrance ou de tout échec, car vous le
savez et vous le voyez, les chrétiens souffrent et peinent autant que les
autres. Non, ce psaume 22 va bien au delà ; il est le cri de la foi, qui
doit monter vers Dieu quand l’épreuve est traversée, et plus encore et surtout,
quand nous sommes au creux de la nuit. Oui, il faut savoir dire que malgré
tout, Dieu pourvoit. Toujours.
Présence, consolation, force reçue, sens qui
s’éclaire, c’est ainsi que le Seigneur nous conduit. Il « prépare la table
pour moi », c’est bien le sens de nos eucharisties qui nous manquent tant
aujourd’hui… Dieu nous invite, nous devance… Et si, en ces temps si
contraignants, notre vraie difficulté était celle de se laisser accueillir par
Dieu, pauvrement, simplement, sans avoir rien d’autre à lui offrir que notre
cœur, et en mettant toute notre présence en lui ? Croire au Dieu Berger,
c’est croire que, malgré les événements, nous ne sommes pas solitaires, mais en
relation de cœur et d’esprit, en cordée, parfois porteurs, parfois portés…
Faire partie du troupeau c’est consentir humblement d’être en marche avec tous.
C’est ainsi que l’image de la Porte permet de donner sens au « pasteur » / « passeur ». La Porte est, là encore, une image très biblique : porte étroite ; porte sainte ; porte verrouillée… et Jésus qui sera pourtant là. Oui, il nous faut passer par Jésus, c’est-à-dire le rencontrer dans la Parole de Dieu, dans les sacrements, dans nos frères, chez les pauvres, chez les petits, aujourd’hui chez tous les angoissés, et emprunter son chemin. Où que tu ailles, il me faut aller ; où que, tu passes, il me faut passer ; où que tu sois, il me faudra m’y rendre… La brebis écoute la voix de son berger. Il s’agit là aussi d’une expérience spirituelle : reconnaître la voix du Seigneur, même au milieu de tant de voix parasites qui rendent la voix de l’évangile si peu audible dans notre société massivement plus désorientée que jamais. Le Christ n’a rien écrit, mais il a tout dit, avec la force incroyable des mots : « Marie !» dira-t-il, « Rabouni !» répondra-t–elle en se retournant, car sa voix appelle une réponse qui ne peut être qu’adhésion. Voilà l’expérience fondatrice du christianisme qui doit se renouveler par chacun de nous :
« Toi, paroissien de Notre Dame ou de Saint
Pierre !» nous dit-il ;
« Maître ! » devrions nous lui répondre…
Chers amis, chers paroissiens confinés, Par ces temps troublés de pandémie, où nous sommes ébranlés dans nos certitudes, dans notre confiance en la vie, peut être même dans notre foi, alors que nous vivons dans l’angoisse, la peur même, plutôt que faire un long commentaire de cet évangile des disciples d’Emmaüs que nous connaissons tous, je souhaite que nous allions à l’essentiel. Ce texte s’y prête merveilleusement. Il résume toute l’histoire du Salut : Dieu présent dans l’homme, même quand l’homme se trompe, pèche, tombe, se relève. Dieu présent même quand l’homme ne le sait pas, sur ses chemins de douleurs et de peine. Dieu patient, Dieu tendresse, Dieu miséricorde, et finalement Dieu qui sauve par le don de le la chair et du sang de son fils Jésus-Christ sur la croix. Je terminais l’homélie de le veillée pascale par ces mots de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ». En voici la confirmation :
Qui sommes – nous ? Nous sommes des pèlerins chargés de témoigner de la tendresse de Dieu aux Hommes de cette terre, des pèlerins en marche vers un but qui échappe à notre raison, un but en espérance que seule porte la foi. Des pèlerins avec le poids de nos limites. Des pèlerins tristes, déçus parce que la vie ne leur a pas donnés tout ce qu’ils attendaient. Des pèlerins saisis par le doute.
C’est alors que jésus nous rejoint Car c’est toujours Dieu qui vient au-devant des hommes, qu’Il les rejoint sur leur route. C’est toujours Dieu qui, le premier, propose son amour. Et, comme les disciples d’ Emmaüs, nous ne le reconnaissons pas. Parce que nos yeux sont empêchés de le voir. Parce que nous sommes préoccupés par nos soucis, notre travail, notre santé, nos loisirs. Parce que nous ne savons pas voir les signes que Dieu nous envoie, anesthésiés que nous sommes par la routine, aveuglés par notre prétention à pouvoir nous sauver tout-seul. Mais, si comme les disciples, nous acceptons que Jésus fasse route avec nous. Si nous lui faisons une place dans notre vie. Si nous accueillons sa parole, si nous le rencontrons à la table de l’Eucharistie, alors nous percevrons, dans les autres, les signes de sa présence.
Même confinés, sans sortir de chez nous, nous voyons Dieu à l’œuvre dans le dévouement des médecins, des infirmières, de tous ceux qui se dévouent pour guérir, panser, apaiser, accompagner, nourrir les malades. Dieu est à l’œuvre aussi avec tous ceux qu’on n’attendait pas là , et qui ne s’en réclament pas d’ailleurs, tous ceux et celles qui donnent du temps de l’argent de leurs talents pour venir en aide à ceux qui sont affectés par la pandémie dans leur famille, dans leur travail, ou dans leur activité quotidienne. Lorsque les cœurs des disciples deviennent brûlants sous le feu de la Parole, alors que le jour baisse, et après que le pain ait été partagé, Jésus est dévoilé. « Reste avec nous Seigneur » Les disciples ayant reconnu Jésus voudraient bien le retenir. Sauvés, nous aussi par le pain de son corps, nous voudrions bien le retenir pour nous-seuls, alors qu’il nous envoie en mission. Dieu a besoin des Hommes. Mais Jésus se dérobe, il se fait discret il disparait. Dieu ne nous impose pas sa présence, il nous veut libres, il nous laisse le choix entre le bien et le mal il nous laisse le choix d’accueillir ou de refuser son amour. Dans l’épilogue même de cette scène, nous sommes concernés. Car, malgré la fatigue de la journée les disciples se sont empressés de revenir à Jérusalem pour annoncer aux onze apôtres, « C’est vrai le seigneur est ressuscité » Voila notre mission confirmée : Nous devons, nous aussi, porter au monde cette nouvelle qui selon Bergson « est l’axe autour duquel a basculé le sort du monde »
Comme chaque année, nous fêtons, en ce dimanche, la miséricorde divine. Cette fête a été instituée par le Pape Jean Paul II à l’occasion de la béatification de Sœur Faustine le 30 avril 2000. Depuis ce jour, on célèbre la miséricorde divine, le deuxième dimanche de Pâques. » Notre Seigneur, écrit sœur Faustine, ne veut pas châtier l’humanité, il désire la guérir en la serrant contre son cœur miséricordieux. »
Dieu est miséricordieux. Telle est une vérité primordiale que
l’Eglise nous invite à méditer en ce dimanche de la miséricorde.Ainsi, j’aimerais vous partager
comment, à quel point, Jésus ressuscité exprime cette miséricorde de Dieu. Comme point de repère, je vous invite à
revenir sur les évènements avant et après Pâques, entre Jésus et ses
disciples. Souvenons-nous, quand Jésus
annonçait sa passion et sa mort, ses disciples ne le croyaient pas. Certains d’entre eux osaient faire serment
que, bon gré, mal gré, ils seraient toujours avec Lui. Or, quand le moment difficile est arrivé,
l’arrestation de Jésus et sa mise en
croix, ils l’ont abandonné sauf quelques-unes. Pierre, qui lui a promis de
rester avec lui, même au prix de sa vie, l’a renié trois fois. Judas l’a trahi. Ses disciples n’ont même pas pris soin de
son corps, de son ensevelissement. Heureusement, Nicodème et Josèphe
d’Arimathie étaient là. Ce comportement des apôtres est vraiment
répréhensible. Face à cela, normalement,
Jésus ressuscité aurait pu leur faire de
vifs reproches. Pourtant, il ne l’a pas fait. Au contraire, quand les
disciples s’étaient enfermés par peur des Juifs, Jésus lui -même vint au milieu
d’eux. Il les saluait en leur donnant la paix, l’Esprit Saint et le pouvoir de
pardonner les péchés. Voilà le grand
cadeau qui n’a pas de prix, le premier don que Jésus a fait aux apôtres après
Pâques. Par le cœur pauvre,
« miséricordieux » de Jésus,
nous découvrons ce qu’est la miséricorde de Dieu, qui outrepasse notre
intelligence, et ne correspond pas à la logique humaine. C’est difficile à comprendre. Elle requiert la foi. C’est difficile, mais c’est à cela que Jésus nous appelle à
faire l’expérience avec nos enfants, nos parents, nos frères et avec nos sœurs en Christ et en
humanité. Il nous dit « Soyez miséricordieux comme votre Père
est miséricordieux. »
Vraiment,
cette miséricorde de Dieu nous échappe, car même à la dernière minute avant la mort, celui et
celle qui demande pardon à Dieu, obtiendra sa miséricorde. Souvenons-nous : l’un des bandits
crucifié avec Jésus, le bon larron,
disait : » Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton
Royaume. » Jésus lui déclara: « Amen, je te le dis: aujourd’hui, avec
moi, tu seras dans le Paradis. » (Luc 23, 42-43). C’est lui le premier
Sauvé, le premier Saint au paradis.
Nous voyons aussi, dans cette page d’Évangile de Saint Jean, l’attitude de l’apôtre Thomas. Peut-être ça nous étonne, et nous choque, qu’en étant apôtre, il croit difficilement la résurrection du Christ. La parole de ses amis ne lui suffit pas, il lui faut une preuve, perceptible et tangible : « si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, je n’y croirai pas ». Et voilà, il trouve ce qu’il veut. Jésus lui est apparu en chair et en os.
Chers
amis, l’apôtre Thomas représente ici
celui qui doute et qui a du mal à croire en Dieu. Il n’a pas tort. Ce
n’est pas évident de croire au témoignage des autres. Surtout de nos jours, la
parole n’est pas suffisante, il faut des preuves, et des actes. Mais quelle
preuve pourrions-nous donner s’il s’agit de la foi en la résurrection du
Christ? Notre foi repose sur le témoignage et la foi des apôtres. »
Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Heureux sommes-nous, même si
c’est difficile de le dire en ce temps de trouble et de la pandémie, car nous
croyons sans avoir vu. La joie du Ressuscité ne nous laisse pas mourir, à petit
feu, de peur, d’isolement et du souci de
l’avenir. Elle nous invite à l’Espérance.
En ce dimanche, nous contemplons la
miséricorde, l’amour infini que Jésus
porte à chacun et à chacune. Il a signé cette preuve d’amour par sa
mort, par son sang versé pour notre salut
Avant sa résurrection, Jésus
est descendu aux enfers, et aussi au fond de notre cœur pour nous extirper de la mort éternelle (la mort
de l’âme), du doute et de la tiédeur
dans la foi. « Cesse d’être incrédule, sois croyant » dit-il à Thomas. Oui, croyons tout simplement, et disons
« Jésus, j’ai confiance en Toi » (sœur Faustine) et Jésus s’occupe du reste.
Dans cet Évangile, le souci de l’apôtre Jean ne consiste pas à fournir une preuve sur la résurrection du Christ. Il veut simplement transmettre la foi, et mettre par écrit tout ce qu’il a vu de Jésus, pour que nous aussi, nous croyions que Jésus est le Fils de Dieu et que par notre foi, nous ayons la vie en son nom. Frères et sœurs, Dieu nous manifeste toujours sa miséricorde même si souvent nous doutons, même si nous croyons difficilement à ce qu’il nous a fait. En ce dimanche de la miséricorde, tournons-nous vers le Ressuscité. En ce moment de confinement, notre porte ne semble-t-elle pas aussi verrouillée, cette fois ce n’est pas par crainte des personnes, mais du virus ? Mais si effrayant qu’il soit, il n’empêche pas Jésus ressuscité de nous rejoindre là où nous sommes, si bien qu’en confinement, il nous dit » La paix soit avec vous. » La paix qu’Il nous donne n’a pas de prix. Puisse cette Paix du Christ Ressuscité augmenter en nous la foi, l’espérance et la charité. Ainsi soit-il.
C’est par cette acclamation que les chrétiens se saluent le matin de Pâques et annoncent au monde la résurrection du Christ. Cet évènement unique dans l’histoire de l’humanité, aussi incroyable qu’il pourrait paraître est le cœur de notre foi, oui, Jésus mort sur le bois de la croix est bien sorti vivant de la mort. Nous le savons et le croyons grâce au témoignage des apôtres et des témoins de cette résurrection, transmis dans les Écritures. Dans le récit de l’Évangile de St Jean, lu le matin de Pâques, nous voyons d’abord que « Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. » Elle venait s’occuper du corps de Jésus mort et l’embaumer, elle ne peut encore croire en la résurrection, c’est toujours les ténèbres, la lumière du Christ vainqueur de la mort et du péché ne l’a pas encore éclairée. C’est pourquoi elle reste extérieure à l’évènement, elle constate de loin l’ouverture du tombeau et retourne à Jérusalem pour prévenir les apôtres. Ainsi elle est toute bouleversée, croyant que quelqu’un est venu dans la nuit enlever le corps du tombeau, malgré la grosse pierre roulée devant. Apprenant cela de Marie-Madeleine, Pierre et le disciple que Jésus aimait, Jean, se précipitent pour voir ce qu’il en est. Eux aussi n’ont pas encore compris. Pierre arrivé devant le tombeau n’entre pas non plus et regarde par l’ouverture : « En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. » Pierre constate que le tombeau est vide ne contenant plus que les linges pliés et le suaire roulé. Nul doute qu’il s’est alors posé mille questions, mais il n’a pas encore la réponse, il ne fait pas le lien avec les annonces que Jésus avait faites de sa résurrection. Sa foi en Jésus, pourtant grande, « mon Seigneur et mon Dieu » ne va pas encore jusque là. Jean lui, va plus loin. Il entre dans le tombeau. Il ose . « Il vit, et il crut ». A l’instant où il pénètre Jean comprend la réalité. Il voit la même chose que Pierre, mais il ne doute pas de ce que le Christ avait annoncé, oui pour lui Jésus est vivant, bien vivant. Nul doute que Jean est alors rempli de l’Esprit Saint, pas besoin d’autres preuves matérielles pour étayer sa foi, le tombeau vide l’éclaire. C’est parce que Jean a cru que l’Écriture s’est éclairée pour lui : parce que, tout d’un coup, il donne sa foi, sans hésiter, alors tout devient clair : il relit l’Écriture autrement et elle lui devient lumineuse En ce matin de Pâques cet évènement pourrait nous paraître tout aussi incroyable, mais l’Esprit Saint vient nous éclairer nous aussi à l’intelligence des Écriture, et nous donner la foi. Le christ qui a porté sur lui tout le poids du péché de l’humanité, mort sur le bois de la croix, est ressuscité d’entre les morts, il est sorti vainqueur du tombeau.
En ce matin de Pâques ne restons pas extérieurs à la
résurrection, comme Marie-Madeleine, ou seulement les yeux entre-ouverts comme
Pierre, mais entrons avec foi et avec joie dans la réalité de Pâques. Laissons
nous éclairer par l’Esprit-Saint pour affirmer :
Christ est ressuscité, Alléluia, Il est vraiment ressuscité Alléluia
« Au matin de Pâques, premier jour de la semaine, Dieu a ressuscité Jésus » Le fils de Dieu, Dieu lui-même, après une vraie vie d’homme a été mis à mort. Et, alors qu’il était depuis trois jours au tombeau, voici que deux femmes, celles-là même qui étaient au pied de la croix, sont les témoins d’une scène incroyable : un grand tremblement de terre, puis un ange roule la lourde pierre qui fermait le tombeau, s’assoit dessus, et leur parle : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. »
Même si les détails varient d’un évangéliste à l’autre, tout cela nous est bien connu. Comme sont bien connus les récits que nous avons entendus dans les lectures de cette veillée. C’est précisément parce que nous les connaissons bien, que nous risquons de banaliser cette histoire du Peuple de Dieu et de la lire comme un récit historique, une sorte de thriller au dénouement heureux. Ces récits, et bien d’autres, que nous livre la Bible disent Dieu à travers l’histoire de son peuple. Ils disent aussi notre histoire, à nous hommes et femmes d’aujourd’hui. Celle de l’humanité avec laquelle Dieu a fait alliance. Le Dieu qui nous a créés, n’est pas le grand horloger, dixit Voltaire, qui, une fois la création achevée le 6ème jour, la laisse aller à « vau-l’eau » Dieu est partie prenante, solidaire de la vie des hommes qu’il a créés, Il la poursuit avec eux. Il se définit comme « je suis ». Celui qui était, qui est, et qui sera.
Il nous guide, comme Il a guidé Moïse à travers le désert, pour nous conduire à la liberté, nous libérer de l’esclavage du mal. Même si pour nous la route est cahoteuse, c’est toujours le bien qu’Il fera triompher pour nous. Le Dieu qui nous crée sans cesse, veut notre bonheur. II nous comble de biens, à notre insu. « Écoutez ma parole et vous vivrez ». Il nous relève nous remet debout, nous ressuscite. Dieu a parlé à ce peuple à la nuque raide, mais Il ne s’est pas montré. Alors Il s’est donné à voir en Jésus-Christ. Par son incarnation, Dieu a concrètement rejoint notre histoire, l’histoire des Hommes. Il a fait alliance avec l’humanité. Cette alliance est scellée en Jésus Christ. Jésus est fils de Dieu : N Il a fait alliance avec l’humanité. Cette alliance est scellée en Jésus Christ. Jésus est mort : nous mourrons Jésus est ressuscité : Nous ressusciterons au jour que Dieu a choisi à la fin des temps.
Le tombeau vide n’est pas une preuve de la Résurrection mais il est un signe, un signe qui suscite la foi, un signe d’espérance car l’homme n’est pas voué au néant, mais à la vie. La résurrection du Christ annonce la notre : « Si le Christ n’est pas ressuscité dit saint Paul, notre foi est vaine et vaine est notre espérance. »µ Le Christ en passant de la vie à la mort, des ténèbres à la lumière, a fait de nous des vivants . Il nous a ouvert une voie d’Espérance. Le risque pour nous, Hommes de peu de foi, c’est que cet évènement soit considéré comme parallèle à notre vie , alors qu’il en est l’essence. Il en donne le sens. L’emploi du passé pour dire la résurrection accentue encore ce risque. Le Christ n’a pas seulement été ressuscité, IL EST RESSUSCITE ; IL EST VIVANT. Il ressuscite tous les jours, et nous avec lui. L’emploi du passé pour dire la résurrection accentue encore ce risque. Le Christ n’a pas seulement été ressuscité, IL EST RESSUSCITE ; IL EST VIVANT. Il ressuscite tous les jours, et nous avec lui. La résurrection n’est pas un acte isolé. C’est toute l’humanité qui bénéficie de ce don gratuit de Dieu : son amour A travers l’épidémie du Coronavirus que nous vivons actuellement, Dieu nous fait signe. Pour porter notre fardeau, certes. Mais peut être aussi pour nous parler, et nous dire que nous faisons fausse route : Que notre science si puissante si nécessaire doit servir le bien de l’humanité et non son dévoiement ; que la nature, environnementale et humaine, si merveilleuse, si riche, si forte dans sa résilience , ne peut pas être provoquée impunément ,sauf à se rebeller et à reprendre ses droits originels . C’est chaque jour, à chaque instant que le tombeau est vide, que le Christ nous relève en se relevant. C’est chaque jour, à chaque instant qu’il nous envoie en Galilée, là où tout a commencé, au carrefour des nations, là où Il nous attend pour nous dire : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » . Amen
Isaïe (52, 13-53,12). Psaume 30 (31). Hébreux 4, 14-16 ; 5, 7-9. Jean 18, 1-19,4 THÈME : La Croix du Christ : Chemin du Salut révélé, Vérité de l’Amour témoignée, Vie de Dieu livrée.
Pour méditer et élargir l’horizon confiné de notre actualité. « Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé » Au pied de la croix, les yeux levés vers le crucifié, entrons tous dans l’infini mystère de notre délivrance. Contemplons Jésus accomplir le dessein du Père. De notre regard, suivons-le dans le passage de son Heure où tout bascule. L’Heure Sainte de la Passion. L’Heure grave qui change le cours des événements. L’Heure H où la parole et le bruit se taisent pour laisser entendre le recueillement et le silence.
Silence qui préside à
tout commencement et à toute fin de vie. Silence qui travaille toute nature
dans son être, sa croissance et son mouvement. Silence qui octroie à notre âme
la force de désirer dans la foi, à notre cœur la grâce de contempler dans l’amour,
à notre esprit la sagesse de savourer dans l’espérance les fruits de la
rédemption.
En ce jour du Vendredi Saint,
« les yeux fixés sur Jésus » le crucifié-transpercé, nous sommes
placés dans cette expression vitale et fondamentale de l’Eglise : la Prière.
Prière d’adoration, de vénération et de supplication. Prière nourrie de la
Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ selon Saint Jean.
Jésus, Serviteur souffrant,
abandonné des hommes, homme des douleurs, défiguré…humilié…dépouillé…méprisé (1ère lecture), Lui, le Fils de Dieu…le grand
prêtre par excellence qui intercède pour nous, dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu, (2ème lecture), nous introduit dans
la communion avec le Père. C’est-à-dire dans la grande prière avec le Père pour
toujours. Il nous fait donc avancer avec
assurance vers le trône de la grâce. Sa mort signe ainsi l’offrande de
toute l’humanité dans la gloire de Dieu : ô
Père, en tes mains, je remets mon esprit (Ps 30).
Voilà qui est à
saisir et à ressaisir ! Voilà qui est à méditer et à approfondir dans
l’horizon confiné de notre actualité : la mort sur une croix, humiliation
infligée, est à la lumière de Jésus, (par Lui, avec Lui et en Lui), signe de
gloire et d’élévation ; mieux Chemin du Salut révélé, Vérité de l’Amour
témoignée, Vie de Dieu livrée.
La
Croix : Chemin du salut révélé. La croix est le passage
qui conduit au salut. Sur la croix et par elle, la révélation de Jésus :
« Je suis le chemin »
trouve tout son sens et sa signification. Car ici, sur la croix… de son côté sortit du sang et de l’eau (Jean 19, 31.34),
se donne et se reçoit le salut de Dieu. Par le moyen du sang et de l’eau, sacrement du sacrifice de la croix, l’humanité
est sauvée, libérée et délivrée.
La Croix : Vérité
de l’Amour témoigné. La croix est le lieu lumineux où l’Amour est dit totalement et
pleinement. Sur la croix et par elle, la proclamation de Jésus : « Je suis la vérité » est plus que
jamais témoignée, authentifiée. En ce lieu de la croix, nous avons, de manière
éloquente, toute l’explication de la réponse de Jésus à Pilate : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde
pour ceci : rendre témoignage à la vérité » (Jean 18, 37), la
Vérité du cœur de Dieu : l’Amour. Puisque Dieu est Amour
La Croix : Vie de Dieu livrée. Avec la croix du Christ, Dieu se donne, Dieu s’offre. C’est la vie de Dieu livrée. Sur la croix et par elle, la déclaration de Jésus : « Je suis la vie » est désormais confirmée et réalisée. C’est bien à la croix que la parole de Pilate : « Voici l’homme ! » (Jean 19, 5) prend toute la mesure de son actualité et l’acuité de sa résonance au-delà des limites du contexte. Jésus, Vie de Dieu livrée pour le monde, hier, aujourd’hui et demain.
Pour prier, entrer en dialogue et aller plus loin.
« Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé »En gardant à l’esprit la méditation qui précède, quel sens ce passage de l’Écriture trouve-t-il dans ma vie présente marquée par les soubresauts d’une pandémie qui affecte les capacités de l’esprit à s’élever et brise tout élan ? En ces temps d’incertitudes et de grandes surprises, ce passage me donne et me fait-il encore signe, à la manière d’être et d’agir chrétiennement ? Dans ma situation actuelle de confinement qui génère interrogations pour demain dans un aujourd’hui inquiétant, quelle place je donne à la prière ? Dans ce contexte où le monde virtuel de l’image remplace le monde réel des corps, quel sens accorder à la contemplation de la croix et à l’adoration de Dieu en esprit et en vérité ? Ce passage ! Que me dit-il de mon regard ? Ai-je le regard levé au ciel ou baissé contre terre ? (Le regard levé au ciel, j’entends bien, est celui qui se pense et se repense, s’invente et se réinvente, se ressource et prie. Cependant, le regard baissé contre terre est celui qui se fige, se laisse glisser, se lâche et se résigne, se ferme et s’enferme). Comment je continue dans ce contexte de Covid19 comme une passion qui dure, à garder foi, espérance et amour en Jésus, vrai-Dieu et vrai-homme, Crucifié ? De quelle manière, je peux regarder la Croix de Jésus : Chemin du salut révélé, Vérité de l’Amour témoignée, Vie de Dieu livrée ? Que notre regard en soit un de silence, un d’appel, un de confiance. Comme le psalmiste : En toi, Seigneur, j’ai mon refuge…Moi je suis sûr de toi…je dis : « tu es mon Dieu ! ». Mes jours sont dans ta main : délivre-moi des mains hostiles qui s’acharnent… (Ps 30). Père Davy
Au cours de la Messe de la Cène du Seigneur, le dernier repas du Christ avec ses Apôtres la veille de sa mort sur la Croix,
« l’Église commémore [trois choses] : l’institution de l’Eucharistie, le sacerdoce ministériel et le commandement nouveau de la charité, laissés par Jésus à ses disciples » (Benoît XVI). Je voudrais axer cette brève méditation essentiellement sur l’institution de l’Eucharistie et sur le don du commandement nouveau de la charité.
L’institution de l’Eucharistie par Jésus souligne un aspect capital de la messe, à savoir qu’elle est un sacrifice. Chaque fois que nous célébrons la sainte messe, chacun de nous est rendu contemporain de la Croix du Christ. L’Eucharistie « rend présent et actualise le sacrifice que le Christ a offert à son Père, une fois pour toutes, sur la Croix, en faveur de l’humanité » (Catéchisme de l’Église Catholique). A ce titre, Jésus est l’Agneau de la Pâque nouvelle, qui rappelle l’agneau dont Dieu s’était servi pour réaliser la libération du peuple juif de l’esclavage. Jésus est la victime pour nous libérer de l’esclavage du péché, il est le « pain rompu pour un monde nouveau ».
En instituant le saint sacrifice de la messe le Jeudi saint, Il a dit :
« Faites cela en mémoire de moi ». Par ces paroles, il s’est donné à
nous qui sommes son Eglise dans la confiance, par amour, sans
distinction aucune. Sous les espèces du pain et du vin, Il se rend
présent avec son corps donné et avec son sang versé.
Il nous faut accueillir avec joie et dans l’action de grâce ce don
offert par amour pour le salut du monde. Même lorsque nous suivons la messe de
loin en cette période particulière de confinement. Au moment de la communion,
nous pouvons faire une communion spirituelle en récitant par exemple cette
belle prière que le pape François nous a proposée le 21 mars dernier :
« Mon Jésus, je crois que tu es réellement présent dans le Très-Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et mon âme te désire. Puisqu’à présent je ne peux pas te recevoir de façon sacramentelle, viens au moins spirituellement dans mon cœur. Et comme tu es venu, je t’embrasse et je m’unis entièrement à toi. Ne permets pas que je sois jamais séparé de toi ».
L’Évangile du Jeudi saint nous révèle une caractéristique importante du sacrement de l’Eucharistie. Saint Jean, à la différence des autres évangélistes qui relatent l’institution de l’Eucharistie, rapporte, à la place, l’épisode du lavement des pieds par Jésus, qui « aima les siens jusqu’au bout » (Jn 13, 1b). Comme pour dire qu’« On ne peut pas comprendre l’Institution de l’Eucharistie sans entrer dans la logique de l’Amour. L’Amour conduit à se donner. C’est sa caractéristique principale […] L’Eucharistie, autre forme du don de Jésus, est la plus haute manifestation ici-bas sur terre de l’Amour. Par conséquent, tous ceux qui fréquentent ce sacrement, en le recevant physiquement, spirituellement, en l’adorant, ont accès à la plus haute source de l’Amour qui se déverse sur le monde et dans nos vies ». Remplis de l’amour de Jésus, nous devons, nous aussi, comme lui, nous laver mutuellement les pieds, c’est-à-dire nous rendre mutuellement service, car « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 15).
L’épreuve que nous traversons en cette période peut être l’occasion pour nous de percevoir cet appel à la charité. Comme nous l’a récemment rappelé le pape François, à l’occasion de la bénédiction ‘‘à la ville et au monde’’, nous sommes « tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement […] Le Seigneur nous invite à réveiller puis à activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale ».