14ème ordinaire B

L’évangile de ce dimanche vient faire écho, chers frères et sœurs, avec celui entendu dimanche dernier.
Dimanche dernier, dans une foule anonyme, le Christ est touché par une femme qui veut être guérie. Il ne sait pas qui est cette femme ; il ne la connait pas, mais elle sera guérie, par ce qu’elle veut croire en lui. Aujourd’hui, le Christ est chez lui, chez les siens qu’il connait bien, qu’il fréquente tous les jours ; mais là, il ne peut pas faire de miracles. Et il le dit.
Quelle est la portée de cette affirmation qui nous dit que l’on n’est pas prophète en son pays ? En nous mettant dans les pas du Christ, on voit vite où nous en sommes, nous autres pratiquants : nous cherchons la sécurité d’un troupeau égaré et étriqué, en manque de pasteurs, en manque de certitudes surtout. Mais cela ne fait pas beaucoup progresser la foi… Or la foi se déploie chez nos frères, au contact de ceux qui cherchent, de ceux qui attendent un signe. Ils sont au dehors comme la femme de dimanche dernier. Y allons-nous ?
Jésus donne à entendre qu’il se définit lui-même comme prophète. Même si nous savons bien qu’il est beaucoup plus que cela…
Par notre baptême nous sommes, chacun de nous, devenus prophètes (prêtres et rois). Ces trois dons de l’Esprit saint qui doivent être vivifiés, fécondés même par notre baptême : la force qui est de s’occuper du faible, la piété qui est la culture de notre transcendance cachée et qui nous ouvre la voie du prophète, et le respect de Dieu qui nous amène à la pratique, au prêtre.
Concernant le prophète, dont le Christ nous demande d’être, il se vit dans ces trois dimensions qui sont la dénonciation des injustices, l’encouragement de ceux qui sont fatigués et découragés, et l’annonce de la bonne nouvelle.
C’est sur ce triptyque que l’on reconnait le chrétien, c’est sur ce triptyque que les premiers chrétiens ont pu christianiser un Empire romain dont les contours sociétaux ne manquaient pas d’analogie avec le monde d’aujourd’hui : une société ayant délaissé ses anciens repères, brutale face à la vie, intéressée par l’appât du gain, et très rétive vis-à-vis des autres, et en particulier de l’étranger qui pouvait profiter de son niveau de vie, et une jeunesse qui n’était plus éduquée que par la rue. C’est dans ce milieu là que s’est développé le christianisme. Pas dans les campagnes tranquilles…
Annoncer la bonne nouvelle c’est avoir un témoignage authentique et sûr. Il y a de quoi faire aujourd’hui, pour dénoncer ce qui rabaisse tant d’hommes sur le chemin de la vie, où l’injustice et la précarité est partout. Il y a de quoi faire pour relever ceux qui peinent, par une parole, par un regard ou un coup de main. Il y a grand à faire, pour témoigner que la présence de Dieu dans notre vie, change notre regard sur les autres et sur le sens de la marche de ce monde.
Est-ce que quand je prends une décision même petite, je demande à Dieu d’y voir clair ? S’il y a tant de gens qui doutent, qui ne voient pas l’importance de Dieu ni de la foi, c’est peut-être parce que nous ne sommes pas assez prophètes pour ces temps troublés. Autrement dit, nous ne témoignons peut-être pas assez que Dieu agit dans notre quotidien. Et qu’il nous transforme au moins un petit peu. Personnellement, je trouve pourtant qu’il n’y a rien de plus concret que la foi !
Être prophète c’est oser accepter nos propres fragilités et entendre Dieu nous dire cette parole : ta fragilité, ta faiblesse, ne m’empêchent pas de t’aimer et de faire de toi mon disciple. C’est la lettre de St Paul entendue en 2ème lecture : « Ma grâce te suffit. » Être prophète ce n’est pas être le plus fort mais c’est reconnaitre que « lorsque je suis faible c’est alors que je suis fort ». C’est là qu’agit le don de l’Esprit Saint qui se nomme force. C’est par là et pas par ailleurs qu’une société où il fait bon vivre pourra se déployer.
Ne nous dérobons pas à notre devoir de chrétiens !
Thierry Merle Diacre

13è dimanche du temps ordinaire, année B

La vie est au centre des lectures de ce jour, la vie terrestre temporelle, et la vie éternelle. Le passage du livre de la Sagesse en première lecture fait un rappel sur la création. Dieu a créé le monde et tout ce qu’il renferme par amour, à chaque étape Dieu a vu que tout cequ’il a créé est bon, du côté de l a Vie et de l’Amour. A l’origine la mort ne règne pas sur la terre. Le mal, le péché et leur conséquence la mort sont de l’ordre de l’incréé, ils sont le résultat de la désobéissance du malin et de la tentation qu’il a induite dans le monde.
L’homme a été créé par Dieu à son image, c’est à dire reflet de son Amour infini. « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. » Gn1, 27 La conséquence du péché déforme cette image et fait que la vie de l’homme sur terre devient limitée, la mort vient y mettre fin. Mais la mort sur terre n’est pas la fin de tout puisque Dieu
rachète l’homme. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous ouvre les portes de la Vie éternelle. C’est là l’espérance de notre foi.
Dans le passage de l’évangile de Marc entendu aujourd’hui, où deux récits s’imbriquent, Jésus va redonner la plénitude de la vie à une femme et à une jeune fille et montrer ainsi qui il est, le Messie, le Fils de Dieu qui règne sur la création. C’est par la foi qu’elles seront guéries, la foi de la femme, la foi du père pour l’enfant. Tout est possible à celui qui croit.
Pour participer à cette puissance de guérison, de résurrection, donnée par Jésus, il y a une seule condition, croire : « Ma fille, ta foi t’a sauvée » avoir foi en Jésus maître de la vie. Quelle est la foi de ceux qui entourent Jésus dans les différents événements du récit ?
La foi commençante de la foule
Jésus arrive en terre païenne, sur l’autre rive, après avoir beaucoup enseigné et fait quelques guérisons et miracles pour attester qui il est, il a même dominé et calmé la mer déchaînée en tempête. La foule se presse pour le voir, l’écouter attendre peut être un signe pour chacun. Il est clair que ces gens vivent une certaine foi, balbutiante et imparfaite ,pour courir ainsi après lui.Jésus est reconnu comme un prophète, un guérisseur, mais pas encore perçu comme le Messie. Il faudra encore du chemin pour convertir les cœurs.
La foi en chemin de la femme
Dans cette foule il y a une femme malade souffrant d’hémorragies, ce qui la rend « impure » et donc marginale. Le sang s’écoulant hors du corps est symbole d’impureté. Ainsi la femme est périodiquement impure, aux yeux des juifs. En effet le sang est principe de vie. Cette vie qui semble fuir cette femme depuis 12 ans. Elle est de ce fait exclue de la synagogue, de la société, elle ne peut approcher ou toucher quelqu’un sans le rendre impur. Et pourtant elle ose se frayer un chemin dans la foule compacte, discrètement, pour approcher Jésus et toucher par derrière la frange de son manteau. Elle a la certitude que ce geste sera salvifique pour elle, que Jésus pourra la guérir. Sa foi est encore teintée de superstition : « Si je le touche, je serai sauvée ». Jésus va la faire grandir dans sa confiance déjà là. Il va chercher qui elle est pour avoir avec elle la rencontre en vérité, en tête à tête qu’il a avec ceux qu’il rencontre. Il la conduit à travers cette rencontre en vérité à une foi plus vraie, plus éclairée qui est une reconnaissance de sa personne. « Ma fille, ta foi t’a sauvée, va en paix et sois guérie de ton mal. »
La foi accomplie de Jaïre
L’attitude de Jaïre est impressionnante. Ce chef de synagogue n’hésite pas à se mettre à genoux et à supplier instamment Jésus alors qu’il pratique la loi juive et lit la Torah. Il en oublie la dignité de la fonction qui est la sienne, et ce devant la foule qui le connaît, au travers de laquelle il s’est frayé un chemin et qui risque de le dénoncer aux grands prêtres.
Pour cette fille qu’il aime, bien sûr, mais avec quelle insistance auprès de Jésus. le père de la petite jeune-fille, ne demandait d’abord qu’une guérison physique. Mais au fond de lui il est persuadé que Jésus peut surtout sauver sa vie en lui apportant la vie éternelle.
Lorsqu’on apprend à Jaïre que son enfant est morte, il va continuer à croire, Jésus l’invite à aller encore plus loin, à franchir le pas de la foi en la
résurrection. C’est jusqu’à cette foi pascale que veut nous conduire le vainqueur de tout mal. « Ne crains pas. Crois seulement », lui dit Jésus.
De l’extérieur, pressé par la foule nombreuse, Jésus va entrer à l’intérieur de la maison, dans l’intimité de la chambre avec seulement les parents de l’enfant et les trois apôtres qui seront ses témoins privilégiés, ici, à la transfiguration et au jardin des Oliviers Pierre, Jacques et Jean,
futurs piliers de l’Église.Jésus prend la main de la jeune fille et la relève, la ramène à la vie montrant ainsi qu’il domine la vie et la mort. Seul Dieu peut agir ainsi. Et pour bien faire comprendre la réalité et le sens de cette résurrection Jésus demande que l’on donne à manger à l’enfant. Elle est bien vivante avec son corps, et en même temps ce repas préfigure le banquet des noces éternelles.
A la fin du texte Marc précise que la jeune fille avait douze ans, l’âge de l’entrée dans la vie ,adulte, l’âge à cette époque de la puberté et des premières règles. 12 ans de vie pour la fille. Douze ans c’est aussi le temps de la maladie de la femme, le temps où la vie s’échappe d’elle. Douze c’est aussi le nombre des tribus d’Israël, 12 représente la plénitude, celle de tout le peuple Hébreux et par la suite de l’humanité entière à travers les siècles.
Ainsi Jésus montre qu’il est venu pour sauver tous les hommes et leur donner la vie qui ne finit pas. A chacun de croire pour vivre.
Notre foi.
Quelle est notre propre foi ? Celle balbutiante et teintée de superstition de la foule ? Celle hésitante, en croissance, de la femme qui n’ose approcher Jésus en face à face ? Celle de Jaïre, plus affirmée malgré les épreuves ?
Nous aussi, nous avons reçu par le baptême la même grâce que cette jeune adolescente, nous le croyons. Nous sommes ainsi passés de la mort à la vie et notre éternité est déjà commencée. Celui qui est « passé de la mort à la vie » par le baptême est introduit par-là à la table de l’eucharistie, de l’intimité avec Jésus sauveur, dans l’attente du banquet éternel. Entendons Jésus nous redire : « Debout ! Lève-toi ! Ressuscite ! »
Vivons notre baptême pour ne pas laisser s’endormir notre foi…
Père Jean-Hugues Malraison

XIIe DIMANCHE T.O / B (Père Basile)

Dimanche dernier, à travers les deux paraboles portant sur le mystère du Royaume de Dieu, la liturgie de la Parole nous invitait à être confiants en Dieu et à nous abandonner entre les mains de la Providence, car même dans nos situations difficiles, Dieu est avec nous. Le douzième dimanche prolonge cet enseignement en nous invitant à garder la foi en Dieu dans les tempêtes de la vie.
C’est ce à quoi le Seigneur appelle Job dans la première lecture, en lui rappelant qu’Il a autorité sur la mer. D’où cette question oratoire qu’il pose à son serviteur : « Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein primordial […] ; quand je lui imposais mes limites, et que je disposai verrou et portes ? » C’est pour dire que Dieu seul fait des merveilles. « Les hommes n’ont pas d’autorité sur les éléments naturels. Ils sont dépendants des circonstances et n’ont pas la possibilité de les modifier ; ils ne peuvent que tenter de résister à la violence de leur environnement ». – L’exemple n’est pas loin : nous l’avons vu lorsque la pandémie sévissait, chaque fois qu’elle atteignait un pic. Malheureusement le danger est encore loin d’être écarté –. Par contre, Dieu, maître et créateur de la nature, a le pouvoir sur toute la création.
« Cet épisode est significatif pour nous aussi. Lorsque nous nous trouvons face à un danger, lorsque nous affrontons une tempête d’un genre quelconque, nous ne pensons pas que Jésus est présent, nous pensons qu’il ne peut ou ne veut pas intervenir. En fait, comme l’ont fait les disciples, nous devons nous tourner vers lui et lui demander avec confiance : ‘‘Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?’’ Nous devons le dire avec foi ». Cette foi est nécessaire pour voir, au-delà des apparences du sommeil de Dieu, la présence du Seigneur qui fait des merveilles dans nos vies. « Si nous n’agissons pas dans la foi, notre situation est alors véritablement désespérée, car ce manque de foi ferme et empêche l’intervention du Seigneur ».
Il y a beaucoup de tempêtes dans la vie. Dans ces tempêtes, il nous arrive souvent de crier à la manière de Pierre et de ses compagnons : « Maître, nous sommes perdus ! » Notre barque, l’Église, nous paraît souvent complètement submergée par des flots en furie et ballottée par des vents contraires. Alors, c’est l’espérance en Christ qui nous fera tenir. Un soupçon de foi qui nous fera savoir que la mort ne peut avoir le dernier mot… (cf. 2e lecture).
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » C’est à nous aujourd’hui que Jésus pose cette question adressée aux apôtres. Il « nous invite à aborder nos épreuves avec confiance. Dans nos tribulations, il serait peut-être temps de nous rappeler que Dieu est dans notre barque, même s’Il semble dormir ! […] Dieu est toujours là, au cœur de notre vie. Il ne se manifeste pas explicitement, mais Il se révèle souvent à nous de mille manières ». Ne soyons donc pas pessimistes. Pensons qu’Il est là, par l’intermédiaire des personnes qui nous épaulent ou dans les événements qui peuvent nous aider à retrouver notre chemin. Il nous suffit d’ouvrir notre cœur, de tendre nos oreilles, pour nous apercevoir qu’Il est juste là à côté de nous.
Tout en comptant sur nous-mêmes, sur nos propres forces, sur nos propres initiatives pour agir – car nous sommes habités par l’Esprit de Celui qui nous a promis d’être avec nous « jusqu’à la fin du monde » –, gardons la foi et ayons confiance en Dieu. Il nous bénira +.

SOLENNITÉ DE LA SAINTE TRINITÉ. ANNÉE « B »

Deutéronome (4, 32-34. 39-40) ; Psaume 32 (33) ; Romains (8, 14-17) ; Matthieu (28, 16-20)

« Qui voit l’amour, voit la trinité ». La Sainte Trinité n’est pas une vérité à comprendre, c’est l’Amour à contempler, quelqu’un à adorer, le Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit. Célébrer la trinité c’est donc entrer dans un mystère d’alliance, de communion, de partage et d’amour. Ce n’est pas redire une doctrine ou se battre avec une énigme. C’est s’introduire dans une réalité qui donne sens à toute réalité. C’est baigner dans une source fondatrice de bénédiction au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Dieu est Amour. Comme Père, Il en est la source et l’origine (cf. 1ère lecture). Comme Fils, Il en est la révélation (manifestation) et l’actualité (la mise à jour) (cf. l’Évangile). Comme Saint-Esprit, Il en est le vécu et la grâce du possible donc l’agir (cf. 2ème lecture).
Dieu est Amour. Amour Créateur du Père à l’initiative rédemptrice. Amour Sauveur du Fils à valeur révélatrice. Amour Sanctificateur du Saint-Esprit à l’action performative. Amour dont le Père est la profondeur, le Fils la plénitude et le Saint-Esprit la richesse.
Dieu est Amour. La vie de chacun en est alors la trace, le signe et le passage. Un Amour qui traverse le cœur, nourrit l’esprit et apaise l’âme. Marqués de son sceau, nous portons alors les trésors de sa vertu et les bienfaits de son salut.
Vivre aujourd’hui la Trinité (Un seul Dieu en trois personnes : Père, Fils et Saint-Esprit), c’est réaliser à nouveau que nous sommes une habitation, c’est-à-dire des êtres habités au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Être chrétien au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, c’est avoir le bonheur de baigner dans l’amour de Dieu, de vivre dans l’effusion de sa grâce bienveillante. Comme signature de sa main puissante.
Être Homme au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, c’est pouvoir offrir au monde l’espérance de Dieu qui accompagne et qui ouvre des horizons d’avenir désiré.
Être toi, être moi au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, c’est savoir parler à Dieu, pour Dieu et de Dieu. (Père Davy B. B.)


Solennité de la Pentecôte, dimanche 23 mai 2021

Avec la fête de Pentecôte s’achève le temps Pascal qui commence par la résurrection du Christ au matin de Pâques. Cet évènement unique dans l’histoire de notre humanité est le cœur de notre foi. Jésus cloué au bois de la croix, descendu au tombeau, a vaincu la mort et le péché et par sa résurrection il nous ouvre les portes de la vie éternelle.
Dès le matin de Pâques et pendant 40 jours Jésus va apparaître à ses proches disciples en différents lieux et temps, avec son corps glorieux pour attester de la réalité de sa résurrection. Il continue ainsi à former ses apôtres comme il l’a fait pendant tout son
ministère, pour les préparer à la mission qu’il leur confiera au moment de son ascension. « allez, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du
Saint-Esprit. »
Ainsi ils seront ses témoins et ils annonceront partout la Parole qu’il leur a enseignée. Cette mission d’abord confiée aux apôtres se transmettra à travers les générations jusqu’à nos jours, c’est à nous, à chaque baptisé, que cette mission est confiée aujourd’hui.
Pour cela le Christ ne nous laisse pas seuls, il a promis à ses apôtres de leur envoyer un défenseur, une force qui vient de Dieu, l’Esprit-Saint, le Paraclet.
Et c’est ce qui se passe au matin de Pentecôte, 50 jours après Pâques.
Cette fête juive qui existait de puis longtemps était très importante à l’époque du Christ. La Pentecôte juive était la fête du don de la Loi, l’une des trois fêtes de l’année pour lesquelles on se rendait à Jérusalem en pèlerinage. L’énumération de toutes les nationalités
réunies à Jérusalem pour cette occasion en est la preuve : « Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches
de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes ».
Pour les disciples, bien sûr, cette fête cinquante jours après la Pâque de Jésus, celui qu’ils ont vu entendu, touché après sa Résurrection, cette Pentecôte ne ressemble à aucune autre. Ce qui ne veut pas dire qu’ils s’attendent à ce qui va se passer !
Pour eux plus rien n’est comme avant, même si tout à la joie de savoir le Christ vivant ils sont encore enfermés dans la peur de subir le même sort, d’être arrêtés, condamnés et crucifiés. Ils se sentent seuls depuis que jésus les a quittés pour rejoindre son Père, même s’il a promis de ne pas les abandonner.
Voilà pourquoi ils sont enfermés dans cette maison à Jérusalem, les portes bien verrouillées. Nul doute qu’ils sont en prière et font mémoire de la Cène vécue avec Jésus le Jeudi Saint. Mais ils n’osent pas sortir pour affronter la foule.
Et soudain il y eut comme un grand coup de vent, des flammes semblables à des langues de feu vinrent se poser sur chacun d’eux et aussitôt ils furent remplis de l’Esprit Saint.
Les chaînes de la peur qui les enfermaient se brisèrent, ils se levèrent et sortir sur la place pour annoncer le kérygme de la foi à tous les peuples qui étaient dehors. Chacun pu comprendre ce qu’ils leur annonçaient, tant l’Esprit leur en avait donné la force et
l’intelligence.
Les apôtres furent ainsi remplis des sept dons de l’Esprit-Saint :
La sagesse : elle fait goûter la présence de Dieu, dans un plus grand compagnonnage avec lui, et un plus grand dynamisme missionnaire. La Sagesse est incarnée par le Christ. Elle permet de reconnaître la présence de Dieu. Ainsi on peut Lui donner une place importante dans sa vie C’est le don contemplatif par excellence.
L’intelligence : elle aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur la foi, les Écritures et à en vivre chaque jour, à distinguer l’erreur de la vérité. Par ce don, chaque chrétien peut devenir un authentique théologien.
La science ou connaissance : elle permet de reconnaître Dieu à l’œuvre dans la nature et dans l’histoire, de recevoir le monde comme un don de Dieu. Elle donne le sens de la précarité de l’univers.
La force : elle donne la persévérance dans l’épreuve, le courage du témoignage. Elle soutient les martyrs mais aide aussi au quotidien à accomplir son devoir et à vivre le combat spirituel, pour rester fidèles à l’Évangile et oser témoigner du Christ aux autres.
Le conseil : c’est le don du discernement spirituel. Il ajuste ce qu’il convient de faire ou d’éviter, de dire ou de taire. Il dispose à voir
clair en soi et dans les autres. Se laisser guider par Dieu.
La piété : elle fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse. Elle nous donne la confiance de l’enfant. Elle nous rend proche aussi des autres. Elle nous permet de prier Dieu
La crainte : ce n’est pas la peur de Dieu mais le respect, le sens de sa grandeur. La conscience de l’infinie distance entre le Tout-Autre et nous, ses créatures. C’est aimer Dieu comme un enfant et nous laisser aimer par Lui. Ce don suscite une attitude d’humilité et d’émerveillement.
Ces dons nous les recevons pleinement nous aussi dans le sacrement du baptême et celui de la confirmation, sacrements de l’initiation chrétienne et aussi dans tous les sacrements, chaque jour Dieu nous comble de son Esprit. Peut-être certains parmi nous, jeunes ou adultes, n’ont pas reçu le sacrement de la confirmation, il est toujours temps de s’y préparer, c’est peut-être aujourd’hui le temps de la décision. Osons franchir la muraille de nos peurs.
En ce jour de Pentecôte sachons demander dans notre prière quotidienne, Seigneur envoie sur nous ton Esprit, remplis nous de tous ses dons, afin d’être toujours disciple missionnaire.
Père Jean-Hugues Malraison





VIIe DIMANCHE DE PÂQUES / ANNÉE B (Père Basile)

Entre l’Ascension et la fête de la Pentecôte, l’Église est encore et toujours une communauté de croyants en mission, suivant la recommandation de Jésus avant d’être enlevé au ciel : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création ». Ce qui est une recommandation adressée non pas aux seuls Apôtres, mais à tous les baptisés. C’est à chacun d’entre nous que Jésus demande d’être témoin de la Bonne Nouvelle.
Dans la prière du Seigneur que l’Évangile de ce dimanche nous propose d’entendre, Jésus communique les maîtres-mots dont ses disciples auront à vivre après l’Ascension, les maîtres-mots de leur mission, de notre mission désormais : fidélité, unité, vérité. L’unité de la communauté est comprise comme l’élément essentiel au bon fonctionnement de la mission. C’est dans ce même esprit que le passage des Actes des Apôtres proposé en première lecture rapporte la nécessaire élection de Matthias pour compléter le collège des Apôtres, témoins de la résurrection du Seigneur Jésus, après la désertion de Judas.
« Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes ». Être gardé dans le nom du Père, c’est être gardé à l’ombre de la miséricorde du Seigneur qui veut nous bénir et nous faire grâce. Être immergé dans le nom de Dieu, c’est être en communion profonde avec Lui et donc en communion les uns avec les autres. Être un, cela veut dire être à l’image du Dieu un, être pacifié intérieurement en communion avec les autres et en communion avec Dieu. Or, ce qui fait l’unité en Dieu, c’est l’amour. Quand Jésus prie pour que nous soyons un comme le Père et le Fils sont un dans l’Esprit, il s’agit donc d’être unis, d’être un entre nous (dans nos familles, nos communautés paroissiales, nos villages et nos quartiers) et avec Dieu, de participer de cet amour trinitaire, d’être embrasés du mystère de l’amour qui est entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Sachons que « toutes ces rivalités et ces rancunes sont un contre-témoignage pour l’Église. Comment croire des chrétiens qui n’arrêtent pas de se critiquer les uns les autres ? Toutes ces paroles méchantes qui détruisent l’autre sont un obstacle à l’annonce de la Bonne Nouvelle ».
« Je leur ai donné ta parole […]. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité ». Ce que Jésus veut pour nous, c’est d’être mis à part. Il ne s’agit pas avant tout de posséder la vérité, mais d’être consacrés dans la vérité, c’est-à-dire d’être mis complètement du côté de Dieu sur qui on peut s’appuyer parce qu’il est la lumière, le discernement et la vérité au milieu d’un monde qui reste un monde des ténèbres s’il ne se laisse pas éclairer et illuminer par Lui. Si nous sommes consacrés dans la vérité, éclairés par la lumière venant de Dieu, c’est parce que nous sommes choisis pour une mission : celle d’éclairer à notre tour tous ceux et celles qui se trouvent sur notre route. Nous répondons positivement à cette mission lorsque nous sommes, au cœur du monde en proie à la violence, à la haine, à la rancune, « des artisans d’amour, de justice et de paix sans nous laisser dominer ou récupérer par l’esprit du monde qui est, trop souvent, un esprit de domination par la force, l’argent, la violence ou toutes sortes d’injustices … ».
En ce dimanche, nous pouvons unir notre prière pour la réconciliation des membres des familles et des groupes divisés et pour celle des peuples dans les pays déchirés par des conflits. Nous pouvons aussi demander à Jésus pour nous-mêmes la grâce d’être parmi les hommes le reflet fidèle du Père, comme lui-même était le signe de l’amour de Dieu pour les hommes.

HOMÉLIE ASCENSION 13MAI 2021 PREMIÈRE COMMUNION

Marc 16,15-20
Aujourd’hui est un grand jour, pour vous les enfants, qui allez communier pour la première fois.
C’est un beau jour, le plus beau jour de votre vie, disait-on quand j’étais enfant. C’est aussi un grand jour, pour vos parents qui, le jour de votre baptême, vous ont mis sur le chemin de Jésus, et qui vous ont accompagnés, avec les catéchistes pour vous faire connaître Jésus , le fils de Dieu.
C’est un grand jour pour l’Église qui est heureuse que ses enfants (vous : Laly, Mélodie, Juliette, Francis, )s’associent à tous les chrétiens pour le grand repas de la fraternité, par la communion, c’est-à-dire par la participation à la vie de Jésus, donc à la vie de Dieu.
Cette vie de Jésus nous la rappelons tous les dimanches en récitant le « je crois en Dieu »  et en particulier cette phrase : «  Jésus-Christ…est monté aux cieux, il est assis à la droite de Dieu »
C’est cela que nous fêtons aujourd’hui, l’Ascension, la montée au ciel du Christ, c’est-à dire sont retour à la vie divine, hors de notre vue, mais bien présent dans notre vie.
Dieu étant au-dessus de tout. Dans notre représentation humaine, Il ne peut être qu’au-dessus de nous , c’est-à-dire dans le ciel.
Il est donc normal qu’après son passage sur terre, sa mort, sa résurrection, et quelques apparitions à des privilégiés, Jésus fils de Dieu, regagne sa demeure céleste, celle de Dieu
Mais il ne nous abandonne pas pour autant. Écoutez bien ce que va dire le prêtre dans la Préface, immédiatement après la prière des offrandes : « … Il ne s’évade pas de notre condition humaine, mais en entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l’espérance de la rejoindre un jour. ».
Non seulement Jésus ne nous quitte pas, mais en gardant notre condition humaine, il nous invite à poursuivre sa mission : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croit et sera baptisé sera sauvé. »
J’ouvre ici une parenthèse pour vous rappeler que le baptême n’est pas un acte magique, mais l’accueil de l’amour de Dieu et l’engagement de suivre le Christ et son Évangile.
Vous l’avez entendu dans l’Évangile, le Christ est très concret, il précise les prodiges que pourront accomplir les croyants  au nom de jésus : « ils chasseront les esprits mauvais, ils prendront des serpents dans leurs mains, ils boiront du poison, ils guériront les malades.
Évidemment, nous devons décrypter ce langage. Nous ne vivrons pas la montée de jésus au ciel, mais nous vivons l’Ascension, c’est-à-dire les temps nouveaux d’après la résurrection : l’ère de la foi , le temps du croire sans voir, le temps de la mise en pratique de la Bonne Nouvelle.
Donc, c’est clair, si Jésus est parti physiquement, il est présent, en nous par son Esprit : «  Je ne vous laisserai pas seul. Je vous enverrai mon Esprit Saint »
Jésus est avec nous, mais ce n’est pas pour faire à notre place.
Jésus absent, est tout entier visible dans le frère, présent dans la prière, dans l’Eucharistie, dans le pardon, dans le partage.
Certes les signes qui témoigneront de notre foi, ne sont pas ceux que cite Saint Marc , mais nous devrons chasser les démons de l’égoïsme, du pouvoir, de l’asservissement.
Nous devrons parler le langage de la vérité, de la justice, tordre le cou aux serpents de la calomnie, rejeter le poison de a violence, de l’intolérance, imposer les mains de la générosité, de la compassion de la douceur. Aujourd’hui, plus que jamais, peut-être, il nous faut avoir le courage de la mission.
Car, comme Dieu, qui s’est retiré le septième jour, Jésus se retire à l’Ascension et nous confie la responsabilité de poursuivre la création. L’Ascension est à comprendre dans la ligne de la création.
Je pense que, maintenant, vous êtes en droit de poser la question : « Concrètement, que devons nous faire pour être nous aussi des artisans de la création ? »
Vous avez raison, il faut traduire les paroles en actes.
Ce sera en appliquant ce commandement du Christ que nous avons développé dimanche dernier : « Aimez vous les uns les autres, comme je vous ai aimés »
Ce commandement les résume tous.
Et pour être encore plus précis, il nous faut, il vous faudra faire votre, la règle d’or valable partout, pour tous :
« Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. » Et plus encore : « faites pour les autres ce que vous voudriez que l’on fasse pour vous »
Mais, rassurez vous vous n’êtes pas seuls. Vous allez recevoir une force. Cette force c’est l’Esprit Saint, c’est l’ amour.
Puisez-la dans l’Eucharistie, dans cette première communion et dans celles qui suivront.
Mes enfant, rappelez vous toujours de ce jour. Rappelez- vous que cette première communion engage votre vie, et pas seulement pour aujourd’hui. Vos parents ne se sont pas engagés pour le seul jour de leur mariage, mais pour toute leur vie. Quand vous aurez obtenu un diplôme à l’issue de vos études, ce ne sera pas la fin mais le début d’une autre aventure : la vie professionnelle.
Je vous le demande, ne faites pas de cette journée la fin, mais le début d’une vie nouvelle, une vie de filles et de garçons sérieux, honnêtes, généreux , justes et tolérants dans la vie de tous les jours, accrochés au Christ.
Accrochez-vous au Christ. Il est le chemin, la vérité, la vie.
Vous ne le regretterez pas. Amen
Bernard Buisson , diacre
13 mai 2021

MÉDITATION DU SIXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES « B »

Actes des apôtres (10, 25-26. 34-35. 44-48) ; Ps 97 (98) ; 1Jean (4, 7-10) ; Jean (15, 9-17
A quelques jours de l’Ascension, c’est sur les adieux et les dernières recommandations de Jésus que se fixe la liturgie. Avec affection profonde et confiance inouïe, Jésus s’adresse à nous qu’il appelle mes amis (disciples d’hier, disciples d’aujourd’hui, disciples de demain). A nous comme à des intimes (avec qui il reste attaché dans une communion vivante de cœur et d’esprit), Jésus révèle la pensée de Dieu. Il porte à notre connaissance le secret qu’il tient du Père, notre Père : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».
Aimer c’est laisser à Dieu la joie d’être Dieu en nous. C’est faire de sa vie une belle parabole du don et d’oblation, une juste béatitude de partage et d’offrande, une douce mélodie de sacrifice et d’obéissance. Comme Jésus qui a donné sa vie par la mort sur la croix, aimer c’est aller jusqu’au bout du don de sa vie. C’est tout donner et se donner soi-même. Ce qui peut se traduire par des dispositions d’un cœur large, d’un esprit ouvert, d’une vision accordée aux multiples facettes du salut.
Pierre, dans les actes apôtres, témoigne à merveille de l’actualité de cette Parole d’Évangile. Devant cette « Pentecôte païenne », tout aussi enivrante que « la Pentecôte juive », il ouvre la porte du Royaume au Centurion païen et à sa famille. Et Jean, dans sa première lettre, nous porte à voir à travers la pratique de ce commandement, l’expression même de notre participation, aujourd’hui, à la vie de Dieu : « car Dieu est amour »
Vivre c’est aimer. Et aimer c’est être une éternelle prophétie du bien sur terre. C’est laisser passer, par son humanité fragile et blessée par le péché, la grâce du salut de Dieu. C’est rayonner la bonté infinie du Ciel auprès de nos frères et sœurs dans le besoin. C’est faire preuve de foi en l’amour fidèle du Seigneur en faveur des âmes déchirées et perdues. C’est offrir au monde en quête de lumière, l’espérance de toutes les lumières. C’est être une présence porteuse de toutes les consolations que notre temps cherche. Toi mon frère, toi ma sœur, de quel amour tu aimes ? Comment, dans les secousses de la crise sanitaire, témoignes-tu de la mise à jour de cette Parole : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » ? Que dis-tu de toi-même à la lumière de cette confidence que te fais Jésus ? Père Davy B. B.

5ème de Pâques B

« Moi, je suis la vigne, et vous les sarments ! » Cette image utilisée par le Christ dans l’Évangile de ce jour, nous rappelle la place qu’il doit tenir en nous chrétiens, afin que nous puissions porter du fruit tout au long de notre vie ! Dans une eucharistie, comme aujourd’hui, nous avons à prendre conscience de cet attachement ; nous nous souvenons que notre foi en lui nous permet d’agir en toute confiance. Alors, deux questions se posent : comment être greffés à la vigne, et comment porter du fruit ?
Comment donc, sinon en suivant notre Seigneur, en le priant de toutes nos forces, en veillant à notre comportement comme il est dit en deuxième lecture « non pas avec des discours, mais en acte et en vérité » et en parlant de Dieu à nos frères, en témoignant de lui, auprès de celui qui cherche comme de celui qui croit… même si les vents sont contraires, même si l’espérance est altérée par la différence, par la lassitude ou par les peurs… Chers frères et sœurs, il faut bien savoir où centrer notre foi ; cela pour éviter deux écueils qui ont toujours été négatifs voire destructeurs dans l’histoire de l’Église : d’une part le « on sera tous sauvés », et d’autre part, le fondamentalisme.
Le « on sera tous sauvés », dont nous en savons d’ailleurs rien et qui ne dépend pas de nous, est fortement démobilisateur, et a participé à vider les églises à la fin du siècle dernier, rendant la pratique accessoire voire inutile. Mais le fondamentalisme est tout aussi nocif. Nous ne sommes pas une religion du livre. La Bible pour les chrétiens n’est pas le Coran pour les musulmans. Et je peux dire que la Bible, dès les premiers chapitres, nous montre qu’un slogan tel que « la Bible, rien que la Bible, mais toute la Bible » disons-le, porté par nombre de chrétiens, ce slogan là n’est pas tenable. Dès la première page par exemple, la création en 7 jours lue d’une façon littérale amène à des non-sens scientifiques, qui perturbent d’entrée de jeu les croyants qui suivent un enseignement rigoriste.
Certes, et il faut le dire, la Bible, c’est Dieu qui nous parle, par la bouche et la plume des prophètes, trésor véritable qui a annoncé Jésus Christ et qui nous a donné toutes les clés de lecture. Et il est heureux et qu’à chaque eucharistie, qu’à chaque liturgie de la parole, ou que dans la plupart des réunions fraternelles, nous en lisions et nous en méditions de bons passages.
Mais si nous disons que nous ne sommes pas une religion du livre au regard du Coran pour les musulmans, c’est que nous, nous ne suivons pas un livre, mais nous suivons une personne : Jésus Christ. Et c’est sur lui que se centre notre regard de croyant. Ainsi, quand le prêtre ou le diacre vous fait acclamer l’évangile après sa lecture, il ne vous demande pas d’acclamer « cette parole », c’est-à-dire ce passage d’évangile lu en particulier, mais « acclamons La Parole », c’est-à-dire au-delà de l’écrit, le Verbe qui l’a dictée. De même, quand le prêtre élèvera le corps puis le sang du Christ : nous nous inclinerons.
Jésus Christ ; Chemin, Vérité et Vie. Jésus Christ, qui vient étancher notre soif en nous donnant l’eau vive. Jésus Christ, qui vient assouvir notre faim en nous donnant le pain de vie. Jésus Christ, qui, par la sève qui monte dans la vigne depuis la profondeur des racines, vient irriguer nos fragiles sarments.
Oui, « Je suis la vigne et vous êtes les sarments ». Nourris par la sève de l’évangile, à nous de porter du fruit !

Thierry Merle Diacre

IIIe DIMANCHE DE PÂQUES / ANNÉE B

Diacre et prêtre ont préparé chacun une homélie. Je reçois celle du Père Basile que je vous transmets. Un autre regard sur l’Évangile de ce Dimanche.
Merci à tous les deux.

Comme les disciples d’Emmaüs, cheminer avec le Christ, l’accueillir dans notre vie et devenir ses témoins. Telle me semble l’idée susceptible de guider notre méditation de ce troisième dimanche de Pâques.
Quand on parle de Jésus, il advient. C’est déjà ce qu’il fit au seuil du chemin d’Emmaüs. Peinés et découragés par la terrible épreuve de la Passion et de la mort de Jésus, ces disciples quittent Jérusalem pour retourner dans leur village natal. Chemin faisant, ils échangent leurs points de vue comme pour s’épauler l’un l’autre dans leur déroute. Quelqu’un les rejoint alors pour faire route avec eux : c’est Jésus. Bien que marchant aux côtés du Ressuscité, il leur fallait le rencontrer en vérité… Cela fut fait au moment de la fraction du pain, un geste familier de Jésus. L’évangile de ce jour nous raconte la suite de ce passage.
Si nous nous arrêtons d’abord sur l’expérience de nos deux pèlerins, nous pouvons comprendre que « ce qui se passe sur le chemin d’Emmaüs et au Cénacle nous renvoie à certains épisodes de l’histoire de notre vie. C’est nous qui marchons à la nuit tombante essayant de traverser tant bien que mal les moments difficiles : l’échec, la maladie ou la perte d’un être aimé. C’est nous qui nous enfermons dans un isolement stérile ruminant nos épreuves. Mais c’est aussi nous qui découvrons, par un concours de circonstances, la joie d’une rencontre fortuite qui nous ouvre un nouvel horizon : Quelqu’un qui nous accompagne sur le chemin de la foi et nous fait découvrir avec simplicité la Parole de Dieu. Aujourd’hui encore, Jésus marche avec nous, sans que nous le voyions. Il vient nous rassurer dans nos moments de doute et de peine. Il est là dans nos joies comme dans nos chagrins. Point n’est besoin de quitter la vie quotidienne pour Le rencontrer ».
Comme les disciples d’Emmaüs, nous sommes invités à faire cette rencontre. Mais il n’y a pas que leur expérience qui est proposée aujourd’hui à notre méditation. Il y a aussi celle des onze apôtres et leurs compagnons, à qui « ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain ».
Les disciples sont à nouveau tous réunis. Ils parlent de Jésus … Il advient ! « Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux », dit l’évangéliste Luc. On imagine volontiers la stupeur des disciples. C’est la vie qui vient les visiter, c’est la résurrection qui vient les habiter. L’Église naît d’une rencontre avec le Ressuscité qui lui confie la paix : « La paix soit avec vous ! » dit Jésus ressuscité. Au soir de Pâques, voici que les promesses de paix se réalisent enfin ; il reste aux disciples à en faire véritablement l’expérience. Cette expérience se réalise chez les apôtres dans le souci qu’ils ont de promouvoir le message de la Bonne Nouvelle. C’est ce que fait Pierre quand, sans avoir peur, il annonce à ceux qui l’écoutent la résurrection du « Prince de la vie » et les invite à se convertir et à se tourner vers Dieu pour que leurs péchés soient effacés, comme nous lisons dans la première lecture.
Aujourd’hui, ces auditeurs des Apôtres, c’est nous. Après avoir rencontré le Christ, et remplis de l’Esprit du Ressuscité comme eux, nous sommes appelés à le porter au monde. Pour être de vrais témoins de la foi, c’est dans l’accueil de la Parole de Dieu et dans la fraction du pain, c’est-à-dire l’Eucharistie, que nous devons puiser des forces neuves, comme les disciples d’Emmaüs qui sont rentrés à Jérusalem nourris de leur expérience pour témoigner que Jésus était ressuscité.
Frères et sœurs, avec le même enthousiasme, partageons notre foi en Jésus par notre manière renouvelée de voir les choses et de vivre. Annonçons la Bonne Nouvelle à notre entourage. Dans un monde marqué par l’indifférence religieuse, le Seigneur compte sur nous pour manifester à ceux qui nous voient vivre notre rencontre avec Lui.
Père Basile

MÉDITATION  sur la  RÉSURRECTION DU CHRIST à partir de la liturgie         Actes 3,12-15 ; Jean 2,1-5 ; Luc 24,35-48
«  C’est vrai, le Seigneur est ressuscité.  Il est apparu à Simon-Pierre »(Luc 24,34)
Ce sont ces paroles qu’ont prononcées les disciples restés à Jérusalem, en accueillant les deux pèlerins revenus dire leur extraordinaire rencontre  sur la route d’Emmaüs,  là où ils ont reconnu  Jésus,  lorsqu’il a rompu le pain.
C’est ainsi que Luc annonce la résurrection du Christ.
Mais il existe d’autres récits de cet évènement qui échappe toujours à notre raison humaine.
En particulier je n’ai trouvé chez les quatre évangélistes que six expressions  identiques, dans le récit de la résurrection, depuis la découverte du tombeau vide jusqu’à l’Ascension.
Certes, ce sont les faits majeurs qui situent la Résurrection, dans l’espace et dans le temps. Mais  des différences relevées dans les autres formulations, bien que portant seulement  sur des détails, pourraient faire douter de la véracité des faits.Les quatre Évangiles relatent tous, à l’identique :
Le premier jour de la semaine, la découverte du tombeau vide,  le dimanche matin.
– « N’ayez pas peur, Soyez sans  crainte »,  les premiers mots prononcés  par les personnages vêtus de blanc,   à l’adresse des femmes venues embaumer le corps de Jésus.
– « Il vous attend en  Galilée »(*) . les  paroles dites  par ces mêmes personnages pour signifier que le Seigneur  y attend  les disciples pour l’évangélisation..
Jésus lui-même se montre au tombeau à Marie de Magdala et à d’autres femmes.
– Jésus dit aux onze auxquels il apparait ; « La paix soit avec vous « 
– Jésus envoie ses disciples en mission : « Allez par  le monde entier proclamer l’Évangile. »
Seul Luc, dans son Évangile, mentionne la rencontre de Jésus (incognito) avec  deux disciples sur la route d’Emmaüs, et seul Jean, relate la deuxième apparition de Jésus aux disciples, huit jours plus tard, et donc, la confrontation avec Thomas.
Quant aux différences mineures :
On relève chez Luc l’invitation de jésus  aux onze à voir ses mains et ses pieds, alors que chez jean,  Jésus invite Thomas à voir ses mains et à porter la main à son côté.
Ces  différences entre les quatre évangiles ne doivent pas semer le doute dans notre esprit, mais au contraire conforter notre foi  en un évènement  qui en est le socle,  bien qu’il échappe totalement à notre entendement.
Nous savons que les Évangiles ont été rédigés plusieurs années après la Résurrection, tirés de témoignages fournis par diverses sources, dont la fidélité a pu être altérée par le temps.
Mais l’authenticité d’un récit unique ne  pourrait –elle pas,  logiquement, être mise en doute. ?
La Résurrection reste un acte de foi, immatériel, qui n’a pas eu de témoin oculaire.
Elle est un mystère  comme tant d’autres mystères demeurent dans l’Église et dans la vie.
A commencer par l’amour qui nous fait vivre mais dont on ne sait rien dire, si ce n’est que ses effets sont bien réels. Un adage populaire ne dit-il pas : « il n’y a pas d’amour mais seulement des témoignages d’amour ? ». La résurrection du Christ, de l’Homme-Dieu, précède, explique, justifie, la résurrection de l’Homme et par là même la dignité de l’Homme, être unique créé pour, lui-même, par amour, et capable de penser, d’imaginer,  d’espérer, d’aimer .
La résurrection  que nous vaut l’amour de Dieu est aussi une invitation à participer,  sur terre, à la construction du Royaume des cieux ; « Ceux qui ont fait le bien ressuscitant pour entrer dans la vie » (Jean  5,29)
« Allez par le monde entier proclamer l’Évangile à toutes les créatures. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » (Marc 10,15-16)
Le pape François nous invite à « aller à la périphérie »
C’est là notre Galilée.
AMEN
Bernard Buisson , diacre18.04.2021
NB -(*)La Galilée, territoire au Nord de la Palestine , carrefour des nations , brassage de peuples dont les habitants ont été déportés de pays vaincus. Symbole de l’ouverture au monde
C’est là  que Jésus a inauguré sa mission : « les temps sont accomplis. Le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle »  (Marc 1,14-15)
C’est là que les disciples sont invités à se rassembler pour un nouveau départ missionnaire à la suite de Jésus »